PREMIÈRE PARTIE
Henri II aurait prodigué les sculptures ornementales au Louvre. Entr’autres pièces décorées par lui il faut nommer la chambre de Henri II, plus tard celle de Henri IV, où sur un lambris en bois de noyer étaient sculptés des casques, des boucliers, et toutes sortes de trophées d’armes. Des festons enroulés entouraient deux glaces de Venise : les reliefs étaient dorés et mats; les fonds gardaient la couleur naturelle.
Catherine de Médicis l’employa dans les décorations du château des Tuileries qu’elle commença, en mai 1564, sous la direction de Jean Bullant et de Philibert Delorme. Ponzio fut chargé d’élever une fontaine monumentale dans les jardins des Tuileries. Mais le piédestal seul fut commencé et le marbre reçut une autre destination.
Vers 1568 ou 1570, au moment de la construction, par Catherine, de la chapelle communément dénommée tombeau des Valois , près de l’église de Saint-Denis et où devaient s’ériger les statues de la reine et de Henri II, Maître Ponce aurait exécuté un Christ en marbre de grandeur naturelle.
Mais la mort brusque de Catherine et les troubles du règne de Charles IX empêchèrent la continuation de ces œuvres.
Formé d’abord sur les ouvrages de Michel- Ange, qu’il copie dans la statue du prince de
Carpi, Ponzio imite le Primatice à Fontainebleau, et dans la chapelle des Valois se rapproche de Germain Pilon, auteur des statues de Henri II et de Catherine de Médicis.
On lui devrait d’autres compositions ; toutefois il est difficile de se prononcer d’une façon certaine à leur égard. L’école franco-italienne, dèslexv6 siècle, eut en France de nombreux représentants qui, fréquemment, ne signèrent pas leurs œuvres, mais dont les productions se ressentirent à tel point de l’influence artistique de la Péninsule qu’on attribua longtemps par exemple, à Ponzio, le tombeau élevé par Louis XII au duc d’Orléans et à Valentine de Milan, et dont Jean Juste de Tours fut le créateur 1 .
Maître Ponce mourut après 1570. Il resta plus de quarante ans au service esthétique de la France. C’est un maître de beaucoup de talent, occupant un rang honorable parmi les disciples de Michel-Ange. Son nom ne doit pas être oublié.
B. Ammanati (1511-1592)
Bartolommeo Ammanati, si connu comme architecte et d’abord élève de Jacopo Sansovino,