‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 63 sur 204 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

sculptures uniquement profanes et s’associa au réveil chrétien réagissant, à la lin du xvie siècle, contre l’esprit païen de la Renaissance. Dix ans avant de mourir, nous dit Baldinucci, il adressa à la Société de l’Académie florentine de dessin une lettre dans laquelle il s’accusait d’avoir sculpté un si grand nombre de figures nues, de satyres, de faunes, de géants. Il se reproche d’avoir ainsi gravement offensé Dieu, et ne pouvant détruire tant d’ouvrages dont l’influence doit lui survivre, il exhorte les artistes présents et futurs à s’éviter de pareils sujets de remords pour leur vieillesse, et à ne point placer dans les églises des figures choquant la sainteté du lieu. Il prétend ensuite que l’emploi du nu demande souvent moins d’habileté que l’art de disposer avec élégance et logique une belle draperie autour d’un corps; comme le fit jacopo Sansovino en sculptant son Moïse tout vêtu, hormis les bras, et Michel-Ange son Mohe entièrement vêtu aussi. Et après avoir rappelé à ses confrères la parole de Buonarotti : « Che i bnoni Cristiàni sempre fàcevâno le buone « e belle figure », il conclut : « C’est une gros- « sière erreur des hommes et des jeunes gens « que de vouloir faire des œuvres capables de ne « satisfaire que les sens ».

Une telle lettre ne fait-elle pas prévoir déjà

le xvne siècle et les réactions artistiques de l’école romaine de Bernin contre l’irréligion du Rinascimento ? A ce titre elle participe de l’histoire de l’art. Elle marque la fin d’une époque.

Cecco del Tadda (G. F. Ferrucci) (*p 1585) Domenico Ferrucci (f 1625)

Un artiste trop oublié, qui fut, comme Michel- Ange, un admirateur passionné de Savonarole, Cecco del Tadda (de son vrai nom Francesco di Giovanni Ferrucci), travailla avec habileté le porphyre. La légende veut qu’il ait appris au duc Cosme Ier le secret de tremper les outils destinés à entamer cette substance, la plus dure des pierres. Il sculpta ainsi une statue de 1 1 Justice , couronnant la colonne de la Piazza Santa Trinita, à Florence, et quatre portraits en médaillon, dont l’un représente Cosme de Médicis : Pater patriæ (vestibule de la galerie des Uffi^i). Il mourut l’année 1585.

Un des fils de Tadda, Ranulus, hérita du secret de son père pour travailler le porphyre et le transmit à son fils Pompeo, dont la carrière se passa à Rome sous le pontificat de Paul V (Borghese).

Un autre Ferrucci (Andrea di Domenico), mort en 1625, fit quelques statues pour le jardin Boboli, sous le règne de Cosme IL

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