PREMIÈRE PARTIE
SlLVIO COSINI (1495M540)
Un élève d’un autre Ferrucci (Andrea) dont nous avons parlé plus haut, Silvio Cosini de Pise, s’inspira fort souvent de Michel-Ange. On lui doit le tombeau d’ Antonio Stro^i 1 dans l’église S. Maria Novella de Florence et la statue de la Madone. Ces œuvres se voient contre la paroi de la nef, à gauche, en entrant dans l’église. Michel- Ange lui fit sculpter, dans la chapelle desMédicis, des chapiteaux et des mascarons qui témoignent d’une grande habileté. Il fit deux Anges pour la cathédrale de Pise et, à Volterre, le tombeau de Raphaël Maffei. Fixé à Gênes en 1532, il travailla surtout à la décoration du palais Doria, sous la direction d’un des élèves de Raphaël, Perin del Vaga (1499-1547). Il sculpta l’écusson surmontant la porte, exécuta de nombreuses compositions en stuc et donna un portrait en marbre de Charles-Quint.
Il gagna ensuite Milan, où il exécuta plusieurs œuvres, tant à l’intérieur que sur la façade du Dôme. Vasari vante son habileté dans l’élaboration des Grotesques et sa variété de connaissances.
1. Pour des détails sur cette puissante famille, voir les Successeurs de Donatello.
Ce sculpteur ne fut pas seulement un des plus habiles maîtres de son temps, mais un des meilleurs lettrés. Il composait des sonnets, dit Vasari ; il avait le don des improvisations musicales, et même le sport des armes ne lui fut pas étranger. S’il s’était livré avec suite à la sculpture et au dessin, il n’aurait pas eu son pareil, ajoute son biographe : « Se egli avesse fermo il pen- « siero alla scultura e al disegno non arebbe avuto « pari 1 ».
Conclusion
Arrivés à cette partie de notre étude, nous pouvons nous rendre compte d’une chose, c’est que l’imitation du style de Michel-Ange porta rarement bonheur aux sculpteurs qui s’en inspirèrent. A l’exception de Jean Bologne, dont nous allons nous occuper, aucun d’eux n’avait la vigueur, la fougue suffisante pour s’attaquer au style héroïque et pour tailler des Héros et des Dieux. De là cette conséquence d’une sculpture