‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 67 sur 204 · II · texte numérisé non relu

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Ange par le gouvernement républicain — et les statues à' Hercule et Cacus ou de Persée dont les formes, essentiellement plastiques et platoniques, plaisent aux esthètes que sont les Médicis du xvie siècle ! M. Muntz nous semble être dans le vrai quand il s’écrie : « Il fallait que le culte de l’art eût singu- « lièrement étouffé le patriotisme pour que les « Florentins de cette époque acceptassent avec tant « d’empressement, au lieu de la glorification d’un « saint ou d’un héros populaire de quelque « grande victoire, des compositions n’ayant plus, « pour elles, que leur réel mérite artistique ».

Les Médicis allèrent même jusqu’à faire reproduire les traits de leurs nains : Morgan te et Barliano, et ils trouvèrent un sculpteur : Cioli de Settignano, pour se prêter à une telle besogne. D’autres artistes ne craignirent pas de rééditer des Dianes d'Ephèse, comme la statue de Tribolo qu’on peut voir au Louvre, ou des statues égyptiennes en marbre noir (également au Musée du Louvre).

Il semble bien qu’arrivé à un tel degré d’artifice l’art doive rester à jamais dépourvu d’émotion, d’inspiration et surtout de conviction.

Et pourtant, à la fin de ce Rinascimento qui avait donné de si belles œuvres et qui dégénérait irrémédiablement, il était donné à un étranger, transporté en Italie dès sa jeunesse et devenu

Toscan de cœur, de relever une fois encore le drapeau de l’art et de faire revivre les beaux moments de la sculpture : Nous voulons parler de Jean de Bologne, dernier grand sculpteur de lTtalie en général et de l’école florentine en particulier, au xvie siècle.

En répudiant ses propres traditions pour s’inspirer inconsidérément de l’antique ou faire à la fantaisie une part exagérée, l’art florentin, sous, le ciseau de bien des maîtres habiles, perdit peu à peu, on a pu s’en convaincre par les pages précédentes, ce caractère sincèrement émotif qui en avait signalé le début. Or, c’est l’honneur de Jean Bologne, à une époque où seuls étaient de mise le goût du pittoresque et la finesse d’exécution, de rester constamment d’accord avec l’objet de son travail. Il vit dans la sculpture autre chose qu’une profession et ne subordonna pas la pensée à la forme. Si ses statues caressent le regard par leur élégance et leur beauté, ses œuvres; pieuses sont empreintes d’une haute austérité. Cet artiste n’exécuta pas uniquement sa fantaisie. If demeura un convaincu et chercha dans le travail des motifs nouveaux d’inspiration.

Sans doute, comme tous les artistes de son temps, Bologne eut le fétichisme des antiques,, qu’il copia sans jamais se lasser, et le culte

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