DEUXIÈME PARTIE
le pas à la mentalité septentrionale, mais de constater simplement qu’au xvie siècle le monde entier de l’art avait les yeux tournés vers l’Italie et allait demander à la Péninsule un peu de cette vitalité et de cette fécondité qui en faisaient, à ce moment, la terre de la beauté. C’est un fait devant lequel il n’y a qu’à s’incliner, sans soulever, à son propos, des questions de nationalité et de rivalité. Si l’art septentrional passe les Alpes, au xvie siècle, c’est qu’il trouve dans ce lointain pays matière à exercer la vigueur et la sève d’une jeunesse et d’une force que son pays d’origine est impuissant à utiliser. Mais revenons à Jean de Bologne.
Le jeune homme finit par triompher de la résistance paternelle et, vers 1540, à l’âge de seize ans, il partit pour Anvers où il devait trouver des maîtres habiles.
Anvers était alors une ville renommée entre toutes pour son luxe, ses maichés et ses artistes. Les étrangers y affluaient de partout. Nombre d’artistes anglais et septentrionaux venaient y suivre les leçons des maîtres, peintres, graveurs ou sculpteurs, qui y tenaient école. Jean de Bologne entra chez le plus célèbre d’entre eux, Jacques du Brœuck ou Dubruck, que Vasari traite avec éloges 1 .