‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 73 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l’un de ses compatriotes, Jean Schoorel (Scorl), d’Alkmaer, en 1520, la direction des travaux du Belvédère. Jean de Straet, de Bruges et Jean de Witte avaient secondé Vasari, à Rome au Vatican, à Florence au Palais Pitti. Le cardinal Farnèse employait Spranger dans les églises romaines, à la Caprarola, et obtenait, pour cet artiste, de Paul IV (Caraffa) un logement au Vatican, vers i557>

Les frères Bril recevaient à la cour pontificale des commandes nombreuses. Otto Venius était spécialement protégé par le cardinal Madruce, à son passage à Rome dans l’atelier de Federigo Zucchero. Les Flamands, qui venaient apprendre en Italie les grandes leçons de l’art, avaient souvent, on le voit? l’occasion d’assurer leur fortune sur cette terre hospitalière. Jean de Bologne et les deux Floris arrivaient donc à Rome le cœur plein d’espoir.

Michel-Ange y était alors dans tout l’éclat de sa gloire, mais son génie avait étouffé l’école italienne autour de lui ; on a pu s’en rendre compte dans la première partie de cette étude. Ce créateur, n’étant dirigé que par ses propres inspirations, composait des images tellement déconcertantes de grandeur, de puissance et de beauté, que presque aucun de ses contemporains ne pouvaient

JEAN DE BOLOGNE

donner, en regard de tels prodiges artistiques, d’œuvres vraiment personnelles. Quant à ses imitateurs, nous avons vu qu’ils en furent réduits à tomber fatalement dans une lourde exagération, puisque, se bornant à reproduire les lignes contournées dont Buonarotti sauvait l’exagération à force de profondeur de pensée ils sacrifiaient, par là même, les immuables beautés de la plastique.

Michel-Ange était en statuaire comme un Dieu qu’escortaient, de loin, les Ammanati, les Bandinelli, les Vincenzo Danti. Le génie de l’illustre Toscan tarissait les sources des écoles locales et provinciales qui, dans leur magnifique diversité, firent la fécondité de la Renaissance italienne.

Les papes avaient drainé les courants d’art qui ruisselaient auparavant sur l’Italie et les avaient détournés vers Rome. L’art, vers 1550, est toujours romain, italien et latin, mais Rome et le Vatican s’ouvrent, on l’a vu, aux travaux des artistes flamands. Jean de Bologne n’était nullement déplacé dans la ville éternelle ; il devait y passer deux ans.

Une de ses premières visites fut pour Michel- Ange.

Enfin ! il allait donc rencontrer le puissant génie dont il s’était si souvent entretenu avec son

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