‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 89 sur 204 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

destinait à faire, dans la grande salle du Palais Vieux, pendant au groupe de la Victoire de Michel- Ange.

Gian, dans cette œuvre, imite manifestement Michel-Ange, mais il n’en copie que l’action extérieure, la hardiesse du mouvement, la saillie accusée de la ligne. Jamais devant un tel groupe on n’a \mieux compris la justesse de l’expression populaire : des corps sans âme. Gian Bologna, ici, n’a pas su s’inspirer de la pensée de Buonarotti.

Au mois d’août 1566 notre artiste repartit pour Bologne où son travail le réclamait. Il y resta jusqu’en février 1567. Pendant qu’il terminait la fontaine, son ami le plus cher, Vasari, vint le voir. Gian l’accueillit avec bonheur1. Vasari avait pour lui une haute estime. Il l’appellera plus tard : le prince des sculpteurs, et dira qu’il a acquis son beau talent « en modelant et en dessinant la moitié de Rome », à l’un des voyages que le sculpteur fera dans cette ville pour le compte de François de Médicis.

Cependant, pressé par les instances de son maître, l’artiste se hâtait. Au mois de janvier 1567 son œuvre était terminée. Elle fit l’admi-

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