‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 92 sur 204 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

étroite amitié, sans souci de sa dignité royale et d’épouse. Au surplus citons à la décharge du roi de France et de son dégoût pour la reine cette page de Michelet ; elle explique bien des choses : « En Catherine, dit-il, on sentait la mort ; son « mari, instinctivement, s’en reculait comme d’un « ver né du tombeau de l’Italie. Elle était fille « d’un père tellement gâté de la grande maladie « du siècle, que la mère, qui la gagna, mourut « en même temps que lui au bout d’un an de « mariage ! La fille elle-même était-elle en vie ? « Froide comme le sang des morts, elle ne pouvait « avoir d’enfants qu’aux temps où la médecine « défend spécialement d’en avoir. On la médecina « dix ans. Le célèbre Fernel ne trouva nul autre « remède à sa stérilité. On était sûr d’avoir des « enfants maladifs. Henri fuyait sa femme. Mais « ce n’était pas le compte ‘ de Diane ; elle avait « horriblement peur que, Henri, mourant sans « enfants, son successeur ne fût son frère, le duc « d’Orléans, l’homme de la duchesse d’Etampes. « En avril 1543, lorsque Henri partait pour la « guerre et pouvait être tué, il dut d’abord tenter « un autre exploit, surmonter la nature, aborder « cette femme et lui faire ses adieux d’époux. Le « 20 janvier 1544 naquit le fléau désiré, un roi « pourri, le petit François II qui meurt d’un flux

JEAN DE BOLOGNE

« d’oreilles et nous laisse la guerre civile. Puis un « fou naquit, Charles IX, le furieux de la Saint- « Barthélemy. Puis un énervé, Henri III et l’avi- « lissement de la France. Purgée ainsi, féconde « d’enfants malades et d’enfants morts, elle-même « vieillit grasse, gaie et rieuse dans nos effroyables « malheurs ».

On comprend que dans de telles conditions Diane n’eut jamais la penséede considérer Catherine comme une rivale. La maîtresse royale se savait sûre de vaincre par son charme et sa beauté. Cette situation ambiguë dura jusqu’en 1559. Le 29 juin de cette année, Henri II, prenant part à un tournoi, fut mortellement blessé par un capitaine de ses gardes, Montgommery. Un éclat de bois brisa son casque et lui donna la mort. Nommée régente du royaume, Catherine se trouve dès lors aux prises avec des difficultés sans nombre. Le pouvoir des Guises, les destinées de la France et de la race des Valois sont remises entre ses mains. Le roi de Navarre, tuteur naturel de Charles IX âgé de 10 ans, fait une renonciation en faveur de la reine-mère.

Bientôt les événements se précipitent. C’est, en 1561, la formation du fameux triumvirat qui unit Montmorency, Guise et Saint-André dans la guerre civile. Catherine signe un édit accordant

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