‹ Tableau de la sculpture italienne au XVIe siècleChapitre 94 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

•de la reine : « Je vous prie, mon cousin, ne « me refeuser decomenderau dist JeanBolognese -<c de aler à Rome pour fayre la stateue du Roy •« monSigneur, et cet vous me faystescet plesir je « métré pouine de le reconestre comme eun de -« plusgrent que pour cet heure je puise resevoyr, et, « m’aseurent que ne me refeuseres, ne vous en « fayre plus long diseurs.

« Votre bonne Cousine,

« Caterine. »

Mais François, tout en s’excusant du mieux ^qu’il put, ne voulut pas se priver de son artiste favori et le projet n’eut pas de suite.

Jean de Bologne qui achevait alors le groupe de Virtu e Vi^io que nous avons décrit, au chapitre précédent, passa la majeure partie des années 1569- 1570 dans les carrières de marbre de Seravezza, ■charmant village situé sur la route de Gênes à Pise, aux confins des limites du duché de Toscane. Ce bourg avoisine des montagnes de marbre, dominées par le mont Pisanino, d’où la vue sur le golfe de Spezia est indescriptible.

Au moment où l’art de la sculpture n’entendait manier que des matières choisies et irréprochables, Cosme de Médicis voulant éviter de se pourvoir -à Carrare, localité située hors de ses États, résolut

JEAN DE BOLOGNE

de faire exploiter ses propres carrières. Seravezza était tout indiqué. Et, avec son sens pratique, le duc comprit quel avantageux parti on pouvait tirer de ces montagnes de marbre dont les érosions éblouissaient les yeux et éclairaient le ciel comme la neige des Alpes.

Jean de Bologne fut envoyé à plusieurs reprises pour surveiller la mise en train de l’exploitation.

Voici le fragment d’une lettre qu’il écrivit de Seravezza au prince François, à la date du 24 mai 1569:

« Si je suis resté plus que de raison dans la « montagne, Votre Excellence m’excusera : toute « carrière non encore exploitée offre, au début, « de la difficulté; puis à cela s’est ajouté le « mauvais temps, la pluie, qui a interrompu le « travail. Demain, s’il se peut, on transbordera « le bloc de la statue. Les quatre autres blocs de « marbre blanc sont extraits et dégrossis ; « dans deux ou trois jours ils seront au lieu d’em- « barquement. En somme, je veux voir le tout « embarqué avant mon départ. La vasque en « marbre nuancé — mischio — sera apprêtée « dans deux ou trois jours, et les marbres destinés « à ladite fontaine sont extraits. »

Notre sculpteur fait vraisemblablement allusion

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