‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 10 sur 158 · Impia dum Phœbi Cxsar mendacia ludit · texte numérisé non relu

Impia dum Phœbi Cxsar mendacia ludit

Dum nova divorum cœnat adulteria.

Suetonius , in Àugusio.

et les présages. Enfin, il était hypocrite dans la religion comme dans la politique ^ Soupçonné d'inceste avec sa fille, et rival débauché d'Antoine, il recommanda les mœurs, le respect de la foi conjugale, la piété pour les dieux.

Les heureux génies, les grands poètes que le sort avait placés sous son règne , servirent cette pensée du maître qui les protégeait. L'épicurien Horace chanta les dieux, qu'il ne croyait pas , pour plaire à l'indigne protecteur de leurs autels. Ces poésies charmantes, ces adulations ingénieuses, qu'il jetait comme un voile sur le souvenir éloigné des crimes d'Octave, associaient souvent la gloire du prince et celle des dieux. Mêlant les illusions d'une poétique reconnaissance à celte facilité de mensonge que donnait le polythéisme, il faisait entrevoir dans Auguste pacificateur quelque divinité bienfaisante, et le saluait du nom de Mercure ou d'Apollon, sans crainte de rappeler l'usurpation licencieuse qu'Octave avait faite des attributs de cette dernière divinité.

Auguste voulait sans doute ranimer la religion des Romains par la célébration de la fête séculaire, dont Horace a composé l'hymne sacré. C'était une n^ajestueuse et touchante cérémonie, que la réunion de la plus belle jeunesse de l'empire, élevant vers les dieux ses mains innocentes , pour leur demander de laisser enfin reposer Rome dans la conquête du monde , et d'ouvrir un long siècle de paix après la génération qui venait de disparaître, emportant avec elle la liberté romaine et la guerre civile. Mais l'entiiousiasme manque aux vers du poète, et son hymne sacré n'est qu'une flatterie pour Octave.

Nous n'avons aucun des recueils et des commentaires que de savants Romains, jurisconsultes et prêtres, avaient

Page 1