Suetonius, in Àugusto
TABLEAU DE l'ÉLOQ. CHR. 2
IS DU POLTTHÉISME.
écrits sur le culte des dieux, sur les anciens rites de la patrie. On peut seulenient affirmer que cette science religieuse, chargée de traditions et de subtilités, était très* étendue, et renfermait une foule de notions ignorées de la foule.
D'après Varron, extrait par saint Augustin^ c'est merveille de voir combien le culte môme le plus simple , le culte du laboureur, était complexe; comment la germina-* tion, la croissance et la maturité d'un épi de blé étaient placées sous l'invocation d'autant de déités diversement protectrices, et comment toutes les autres circonstances de la culture, de la floraison, dé la moisson, étaient chacune dans le domaine d*un dieu particulier. Sans doute le paysan d'Arpinum ou de la Sabine, attentif à ces détails de sa religion rustique, connaissait mal d'autres côtés du culte romain, et aurait eu peine à définir la déesse Mens invoquée par le penseur, ou à nommer toutes les divinités dont le jeune patricien s'autorisait dans ses plaisirs, ou que la matrone romaine honorait d'un culte pieux.Le polythéisme, dans son ample et indécise liberté, renfermait en quelque sorte Qon-seulement les religions des différents peuples, mais les cultes spéciaux des diverses classes d'hommes et des professions diverses. Les noms des grands dieux cependant prédominaient, sauf quelques exceptions singulières qui changeaient leur hiérarchie , et, par exemple, celle qui donnait à Quirinus le pas sur Saturne même. Mais l'idée même qu'on se faisait de ces dieux, leur légende mystique et morale n'avait pas laissé de dianger beaucoup, de se transformer par l'interprétation allégorique, de se restreindre par la désuétude, ou de s'enrichir par le temps. Faits par Timagination humaine, les dieux du polythéisme étaient incessamment modifiés par elle. La trace de ce pro*