Sanct. Hieron. Opcr.,t. IV, p
Rome. Il écrivit pour s'en excuser, tout en renouvelant l'objection qu*il avait faite. Jérôme répondit en homme blessé de la rétractation qui lui était demandée dans la lettre arrivée jusqu'à lui. Du reste, il ne discute pas; et cette réserve n'est pas sans amefttime et sans fierté. « A Dieu ne plaise \ écrit-il au jeune docteur africain, que j'ose effleurer en rien les livres de ta béatitude. Il me sufRt de défendre les miens, sans attaquer ceux d'autrui. Ta prudence sait d'ailleurs fort bien sans doute que chacun abonde dans son sens , et qu'il y a un jeu puéril , semblable au travail des jeunes rhéteunô, à chercher la célébrité , en accusant les hommes illustres. Je n'ai pas ki folie de me tenir pour offensé par la différence de tes interprétations sur l'Écriture , et tu n'es pas sans doute blessé que j'aie un avis contraire au tien. Ce qu'il y a maintenant à faire pour toi, c'est d'aimer celui qui t'aime; et dans l'arène des saintes Écritures de ne pas venir^ jeune homme, provoquer un vieillard. Nous avons eu notre temps, et nous avons fourni notre carrière du mieux que nous avons pu. Aujourd'hui, pendant que tu t'élances et franchis de longs espaces , nous avons droit au repos. Et en même temps; s'il m'est permis de le dire avec tout respect pour toi , afin que tu ne paraisses pas seul emprunter quelque choses aux poètes , souviens- toi de Darès et d'Entelle, et du proverbe vulgaire : Le bceùf fatigué enfonce le pied plus fortement. »
Avâût d'avoir reçu cette réponse , Augustin avait écrit à Jérôme une autre lettre , où il insistait sur ses objections, et paraissait surtout blâmer l'entreprise d^me traduction nouvelle des livres saints. Il y opposait le même scrupule que Ruffîn , le danger d'inquiéter le peuple en offrant à sa foi des expressions auxquelles il n'était pas accoutumé. Et,