Sanct, Hieron, Oper,, t. IV, p
à l'appui de celte crainte, il citait les réclamations et le tumulte élevés dans une église d'Afrique ou Tévéque avait lu, d'après la traduction de Jérôme, un passage du prophète Jonas, qu'on Taccusa d'avoir falsifié, et qu'il fut obligé d'abandonner sur le témoignage des Juifs qui dominaient dans la ville, et qui déclarèrent à tort ou à droit que l'ancienne version chantée dans la liturgie et traduite des Septante était plus conforme au texte original des livres saints. On peut voir là quelle était la civilisation de ces villes d'Afrique, où des Grecs„ des Latins, des Juifs, étaient en. présence ayec leurs langues et leurs traditions diverses, pour défendre ou discult.T la foi nouvelle.
Jérôme, en répondant à l'évoque d'Hippone, se montre peu jaloux d'engager le combat contre un tel adversaire. Quelques traits assez vifs lui échappent cependant, mais il les émouÂse; et, soit humilité , soit lassitude, il revient au contraste d^ son âge et de son modeste sacerdoce avec la jeunesse et la dignité d'Augustin. <t Cesse\ lui dit-il, de provoquer un vieillard qui se cache au fond, de sa cellule. Si tu veux exercer ou montrer ta science , cherche des jeunes gens éloquents et célèbres, comme il y en a beaucoup à Rome , qui puissent et qui osent lutter contre toi. Pour rnoi, soldat autrefois, vétéran aujourd'hui , je dois célébrer tes victoires et celles des autres , et non. avec un bras débile rentrer dans la lutte. » Puis il ajoutait : « Il ne convient pas que moi, qui, depuis la jeunesse jusqu'à cet âge, suis resté dans un monastère, travaillant à grand'peine avec de saints religieux, j'ose écrire contre un évéque de ma communion, contre celui-là môme que j'ai commencé d'aimer avant de le connaître , qui le premier m'a provoqué à l'amitié , et que je me suis félicité de voir s'élever après moi dans la science.de l'Écriture. »