Artem artiuui regimen esse antmaruni. Gilbert, Epist
AU QUATRIÈMI SIÈCLE. 3d3
obéi avec passion par quelques âmes solitaires, plutôt que l'apôtre aimé du monde qu'il contredit et qu'il corrige. C'est qu'il n'a point cette tendresse d'âme dont Augustin ne se guérit jamais , et qui le rendait si compatissant à Terreur, au milieu d'un système de prédestination en apparence inexorable. Augustin aimait l'humanité et se fit écouler d'elle, lui enseignant avec effusion la plus sévère doctrine. Jérôme aimait surtout le sacrifice et l'effort. Par là il eut moins de pouvoir, et ses écrits parlent moins au coeur. De même qu'il île s'adressa pas aux hommes réunis, et ne fut ni prédicateur ni évéque, les pensées qu'il a laissées après lui ne conviennent qu'au petit nombre. Il offre de grands traits à l'imagination ; il unit à la rêverie du solitaire la veifve du controversiste ; mais il est peu lu, parce qu'il console peu. Quelques-unes de ses lettres cependant, quelques souvenirs, quelques aveux épars jusque dans ses discussions les plus vives, ont plus d*un rapport avec les Confessions d'Augustin. On y sent parfois cette douceur qui touche d'autant plus dans une âme forte et sévère; mais on y sent surtout un génie qui combat, qui souffre et qu'on admire. Ce qu'il était, il le fut jusqu'à la derrière heure de sa longue vie. Entre les soins de la charité et l'ardeur du travail, il vieillit sans faiblir, ou du moins la faiblesse du corps n'atteignit pas son âme. C'est à la fin de sa traduction des prophètes, c'est en parlant d'un des moins célèbres, Sophonias , que son génie mélancolique éclate avec une incomparable éloquence, et que la prédiction accomplie sous ses yeux dans les malheurs de la Judée lui arrache les plus pathétiques accents. Sa vue s'obcurcissait , sa tête était chancelante, ses membres languissants, et sur le Ut où il était retenu, il se redressait avec effort en saisissant d'une main une corde attachée à la voûte. Cependant il continuait sa tâche, dictait aux uns, écoutait et consolait les autres , et veillait encore sur ces
TABLEAU DE L'ÉLOQ. CRR. 23
S54 TABLEAU DB l'ÉLOQUENCB CHRÉTIENNE
monomenU de ia foi dont il étail devenu rimmolule gardien. C'est ftu milieu de tels soins qu'il cessa de vivre, et passa du travail à rimmortelie paix*
Hort en 4S0, après les désastres de l'invasion d'Aluie, il en a reoueilli toute la tristesse dans ses derniers écrits; el on sent qu'il n» peut se sauver de telles pensées qu'en remontant vers Dieu. C'est le caractère qui donne un intérêt si profond à l'éloquence latine de ce temps , depuis Je* rôme jusqu'à Salvien. Elle n'a pas les grâces et réléganoe du génie grec à son déclin , ou plutôt dans sa renaissanoe chrétienne; mais elle a plus de force et de mélancolie. Elle s'est corrigée à )a rude école des barbares qui désolaient l'empire.' Elle est inspirée par les maux qu'elle dépeint; et son imagination pleine de sombres couleurs s'est «grandie du spectacle de la réalité.
Jérôme fut en amitié ou en quereUe avec tous les hommes célèbres de cette époque; il les a lui-môme earaeté*risés dans son catalogue des auteurs chrétiens , modèle d'une biographie éloquente et rapide. Mais nous ne rappelons ici que ceux dont le' talent est original, ou qui peuvent nous éeklrer sur l'esprit de leur siècle.
À ce titre, on ne saurait oublier Paulin , évoque de Noie, auquel on a le premier attribué Théroïsme de charité renouvelé par Vincent de Paul. On raconte en effet que Paiilin se livra lui-même eà esclavages pour racheter le fils d'une pauvre veuve. Mùsce fait paratt difficile à placer
â< Ce louchant Mcrlfio» wî.wU tn Mène , aom d'aatret neBM, àw» ^
po(&oie des Martyrs. En général, il n'est aucune fiction de ce bel ouvrage qui ne soit empruntée aax souvenirs et aux mœurs de l'Église primitive. Le poète est à cet égard d'une admirable fidélité, moins pent-etre par UM étade lente et dëlattlée, que par cette première Yoe de géaie qal appartient k quelques bommea, Saua ce rapport, la critique fut trte* superficielle. On s'étonna , par exemple » de la foi païenne attribuée au père de Cymodocée/et Ton mit en doute la vérité des contrastes que Miiit Battre le eombtt de» ckui cvHm» Que dire eepeoâant, iofiqat
AU QUATHIÈME SIÈCLE. 355
dans sa vie, et ne s'accorde pas avec la destinée d'un consulaire qui jouissait d'une immense fortune.
Né dans Tingénieuse ville de Bordeaux , vers Fan 353, Paulin sortait d'une famille sénatoriale, et remplit les premières dignités de l'empire. 11 fut consul avec Ausone, près duquel il avait étudié l'éloquence. Il épousa une des femmes les plus riches de la province d'Espagne, et il réunit sur sa tète tout ce qu'un homme pouvait avoir de cré« dit, de richesse et de félicité, sous le despotisme des empereurs.
De laborieuses épreuves s'y mêlèrent et lui donnèrent la satiété du monde, tout en augmentant sa pitié pour le malheur. En butte à des haines dont il n'explique pas la cause , il chercha, dit-il , le repos des champs et le culte de Dieu dans la douce paix du foyer domestique. La femme à laquelle il était uni l'engageait à la retraite religieuse ; et dans ses voyages , dans les soins nombreux de sa vie pu* btique, il avait senti l'influence de quelques-uns des hommes puissants du ehristianisme, saint Ambroise à Milan , saint Martin dans les Gaules , et à Rome d'autres hommes moins célèbres , mais inspirés du génie même de l'Église dominante.
Déjà dans la maturité de l'âge , il reçut le baptême, et, s'éloignant du centra de l'empire, alla vivre quelques années en Espagne. Là, il vendit de vastes domaiiles pour en distribuer le prix aux pauvres ; et, dans la simplicité de la vie la plus austère, il offrit un grand exemple de cette ihépuisable charité qui gagnait tant de cœurs au christianisme. Ce n'était pas que ce sacrifice poussé si loin ne
l'oD voit» par les monumenu originaux, que ce combat durait encore à la fin du IV* siècle, et lorsqu'on lit, dans saiqt Jérôme, T^gréable diîscription d*une famille de Rome, où le grand-père était pontife de Jupiter, et tenait sur ses genoux sa petite-fille enfant, qui récitait des prières cbrétleooet?
356 TABLEAU D« L*ÉLOQUENCB CUMÉTlEiNNl!:
trouvât des censeurs. Siunt Ambroise, en exprii^iaut Tadniiration que lui cause une telle vertu , prévoit les plaintes, les reproches qui vont s'élever contre cette imprudence, cet oubli des grandeurs , cet abandon du sénat par un homme d'une si ancienne maison et d'une éloquence si renommée. Paulin éprouva d'abord, en effet, les rigoureux anathèmes du monde qu'il avait quitté. Il devint comme étranger à ceux auxquels il avait été le plus cher. Malgré le poids. de cette disgrâce, sa résolution ne fut pas ébranlée. Un des premiers combats qu'il eut à rendre fut contre les reproches d'un ancien ami, son maître dans les lettres. Esprit élégant et léger, comprenant peu la forte croyance qui saisissait les âmes , Ausone lui adressait des vers pour le rappeler au monde et à la littérature. Imitateur de l'ancienne poésie, il avait soin de surcharger sod style d'allusions mythologiques par bon goût plutôt que par croyance. Il redouble cette fois en écrivant à Paulin, comme s'il y avait eu pour le séduire quelque vertu dans ces mots de la Fable qu'avait employés Virgile* Par une contradiction assez étrange et commune alors, il mêle à ces souvenirs des images chrétieqnes. En rappelant Paaiin dans leur patrie commune, en décrivant la demeure champêtre de patricien et de poète où il l'attend , il n'oublie pas l'église fréquentée du hameau ; et, il espère que le Fils de Dieu , touché de ses prières , ramènera son ami. La pensée païenne revient cependant. Blessé du silence de son ami , et le croyant entraîné à la religion par sa femtne, il lui disait: « Mon cher Paulin, si tu crains d'être trahi, d'être accusé à cause de mon amitié, que .ta femme l'ignore ; lu peux, dédaigner les autres , mais ne dédaigne pas ton père; c'est moi qui fus ton premier maître et tan prenner guide dans les honneurs ; c'est moi qui t'ai conduit le premier dans la société des Muses. »» Il renouvelait dans une autre épître ses plaintes et sçs
prières : « Qui l'empêche, dit-it, d'écrire au moins un sa* lut , un adieu, et de confier ces signes heureux à des ta* blettes? » Puis, slndignant de la silencieuse froideur de son ami, il lui souhaitait poétiquement tous les malheurs qu'il pouvait trouver dans ses classiques souvenirs; il le condamnait à errer triste et farouche comme le Beliérophon d'Homère, et s'écriait en finissant : m 0 Muses, divinités de la Grèce! entendez cette prière, et rendez un poète aux Muses du Latiiim. ••
Paulin répondit, et môme en vers, pour consoler un peu son ami. Rien de plus poétique et de plus intéressant que ce contraste : « Pourquoi , dit-il , 6 mon père I rappelles-tu en ma faveur les Muses que j'ai répudiées? Ce cœur consacré maintenant à Dieu n'a plus de place pour Apollon et pour les Muses. Je fus d'accord avec toi jadis , pour appeler, non pas avec le même génie , mais avec la même ardeur, un Apollon, sourd dans sa grotte de Delphes, et pour nommer les Muses des divinités, en demandant aux bois et aux montagnes ce don de la parole qm n'est accordé que par Dieu. Maintenant une autre force, un plus grand Dieu subjugue màh âme. >»
Il y a surtout un grand charme dans les derniers vers d'une seconde épitre de Paulin à Ausone ; c'est, comme déjà nous l'avons vu , le spiritualisme au lieu de la mythologie ; c'est l'amitié ennoblie par une espérance pure et céleste.
« Rien ne t'arrachera de mon souvenir, écrit Paulin à son ami : pendant toute la durée de cet âge accordé aux mortels, tant que je serai retenu dans ce corps, quelle que soit la distance qui nous sépare, je te porterai dans le fond de mon cœur. Partout présent pour moi , je te verrai par la pensée, je t'embrasserai par l'âme; et lorsque, délivré de cette prison du corps , je m'envolerai de la terre, dans quelque astre du ciel que me place le père commun , là je te porterai en esprit^ et le dernier moment qui m'afiran-
358 TABLEAU DE L*ÉU)QUBNGB CHEÉTIENNE
chira i\e la terre ne m'ôtera pas la tendresse que j'ai pour toi. Car cette âme qui, survivant à nos organes détruits, se soutient par sa oéleste origine, il faut bien qu'elle conserve ses affections comme son exisfence» Elle ne peut oublier non plus que n\ourir. »
Pendant qu'il répondait par des sentiments si tendres au reproche d'insooiable sévérité que s'attirait souvent le zèle des premiers chrétiens , Paulin allait être engagé par le lien le plus fort à la foi qu'il avait adoptée. Comme il était à Barcelone et assistait dans l'église aux solennités de^oël, la foule, par une sorte d'élection popu* laire, demaiïda qu'il fût ordonné prêtre. Entraîné par ce vœu public, il céda, malgré son effroi du saint ministère, et r^çut les premiers degrés du sacerdoce , se réservant d 'être attaché , non à une Église particulière , mais à la chrétienté ; car il songeait à revenir en Italie, et ae regar^ dait surtout comme disciple d'Àmbroise. Un de ses pre* miers soins fut d'écrire à un autre homme célèbre du temps, son compatriote Sulpice Sévère, qui, jeté dans la vie religieuse, se sentait troublé de l'étonnement et du blâme qu'il avait excités, Paulin l'encourage par son exemple, et se montre animé de l'ardeur même que le peuple a portée dans son ordination. Bientôt il quitta l'Espagne, visita saint Âmbroise à Florence, puis vint à Rome , où , parmi des témoignages empressés d'estime , il trouva quelques signes de jalouse défaveur. Il y resta peu de temps, et se retira dans une petite campagne, près du tombeau de Tévêque saint Félix, aux portes de a ville de Noie, où trois siècles auparavant Tibère faisait la dédicace du temple d'Auguste. Il vécut seiae ans dans cet asile avec sa femme Thérasia, devenue sa sœur. C'est en commun avec elle qu'il écrivait à Augustin pour le remercier de ses ouvrages et lui demander ^on amitié. On sent à la i»*emièré réponse d'Augustin quel attrait de
▲U QPAIHliMB 8IÈGUS. 359
cœur et quelle estime lui inspirait Paulin. Il l'associe déjà à tous les soins de sa famille chrétienne. 11 le prie de s'unir à lui. pour détourner piur ses conseils le fils de Ror manien, le jeune Licentius, de la passion de la poésie et des dangereuses distractions qui le retiennent à Rome. Paulin s'acquitta de cette œuvre , comme il avait répondu aux reproches d'Ausone. Il adressa des vers à celui qu'il voulait éloigner de la poésie. Ces vers manquent de force ; mais il y a quelque charme dans cette voix grave qui avertit le jeune poète , et lui parle sa langue pour la ramener à des pensées plus austères.
Paulin, dans sa retraite, n'exerça pas l'autorité qui s'attachait aux grands orateurs chrétiens du même siècle. Dans une seule occasion, il eut à prononcer ua discours môle aux intérêts et aux passions d'alors, le panégyrique du victorieux et tout- puissant Théodose, dont palieds et chrétiens se disputaient l'éloge et l'apothéose, mats que Flavien et Ambroise osaient seuls avertir. Dans ce discours, écrit, selon toute apparence, aprèa la défense d'Eugène et pour rehausser le triomphe de la croix sur la dernière rébelliou païenne 9 Paulin, comme il le dit lui-^ même, s'appliquait à célébrer « en Théodose, moins Yem* pereur que le serviteur de Dieu, moins le dominateur superbe que l'homme soumis au Christ, grand non par le trône^ mais par la foi. En cela , du reste , il touchait la vraie grandeur de Théodose , et il expliquait et servait sa rapide victoire et la ruine d'Arbogaste et d'Eugène. C'est eu ce même sens que le solitaire' de Bethléem , Jérôme , le remerciant de ce discours, qu'il avait reçu dans sa retraite, lui écrivait^ : « J'ai lu avec plaisir l'écrit que tu m'as
1. « Libnim tuum, quem pro Tbeodoslo principe prudenter ornateque compositum transmisistl , lubenter legt. Félix Theodosius, qut a tall Gbriftti oratort defendisti. lUustrastl purpura» «Jus, et utiUtatcm legnm fttturift smults coosecrasU. » SaneU Ifierot^. Spût, 13 ad Paulin.
360 TABLEAU DE l'ÉLOQCINGE CHRÉTIENNE
envoyé, ton discours habile et éloquent pour le prince Théodose. Heureux Théodose, d'être défendu par un tel orateur de Jésus-Christ! tu as illustré sa pourpre, et consacré dans le souvenir des siècles futurs rutilité de ses lois. » Un autre ouvrage plus vaste qu'il avait ^trepris sur le paganisme, et qu'attendait Augustin, ne fut pas achevé.. Plus pieux que théologien , et apportant du commerce du monde un reste de tolérance, il ne se mêla pas aux grandes controverses et ne fut l'adversaire ni Tappui d'aucun dissident. Consulté par Augustin sur quelques problèmes spéculatifs de la croyance chrétienne, il ne porte pas dans ses réponses la profondeur et l'imagination de révéque d'Hippone. Il est moins puissant par la méditation que par la charité. Lorsqu'il célèbre dans ses vers quelque souvenir religieux , il donne souvent à ses expressions une grâce touchante. Ce n'est plus l'art ancien , et le christianisme n'avait pas encore renouvelé la poésie. Au lieu de ces odes d'Borace si élégantes, vous trouverez deis vers où le chrétien solitaire s'adresse à un évêque venu de son diocèse à demi barbare , au fond de la Dacie , pour assister à la fête annuelle du martyr dont Paulin semblait garder le tombeau. Rien ne saurait mieux peindre l'hospitalité /les temps antiques ranimée par le christianisme. Au moment où cet évêque s^éloigne, après quelques mois de séjour, Paulin lui adresse ses vœux, le suit en espérance dans son dangereux voyage, et le voit rendu à ces rudes nations qu'il civilisé par la foi , à ces climats glacés qu'il adoucit par la charité. Il se confie à sa promesse de revenir célébrer le même anniversaire. Et il le revit en efifet, selon l'esprit ^aventureux de ce temps, où sans cesse de grands périls étaient bravés, de grandes fatigues souffertes , pour satisfaire à quelque pieux devoir. Paulin ne s'éloigna pas de la ville de Noie ; et bientôt il y fut retenu par les malheurs qu'il av:iit à secourir.
▲AJ QUATRIÈMS SliCLE. 361
Ëlu évéque par les habitants, il se vit en présence de la plus affreuse calamité. C'était le temps de l'invasion des Goths en Italie. La désolation s'étendit partout. Noie fut prise d'assaut et saccagée.
L'évéque tomba dans les mains des barbares; mais échappant à leur avarice par sa charité qui avait tout donné d'avance» et se faisant respecter par sa vertu, dès qu'il fut libre, il trouva dans les richesses sauvées par l Église de quoi délivrer d'autres captifs. Ce fut Toccupation de ses dernières années ; et de là sans doute la légende qui raconte que, volontairement substitué à un pauvre captif, il avait été conduit eh Afrique et employé à la culture d'un jardin, puis remis en liberté, et renvoyé avec de grands honneurs par le roi des Vandales. Mais tout dans ses écrits témoigne qu'il ne quitta pas l'Italie ; et Augustin , qui célèbre sa vertu et l'invite plusieurs fois à venir en Afrique, n'aurait pas oublié un dévouement semblable. Paulin demeura le consolateur des maux de sa patrie ; et jusqu'à ses derniers jours , il resta près de ceux qu'il pouvait servir et dont il partageait les souffrances.
De tels hommes jetés çà et là dans Tempire étaient une sorte de refuge et de protection publique. Ces peuples barbares , qui envahissaient l'Italie avec un instinct de destruction, étaient adoucis par la religion des vaincus. Souvent leur fureur s'arrêtait à la porte de la basilique chrétienne, où se réfugiaient les enfants et les femmes. Dans la superstition du temps, on célébrait comme un miracle ce témoignage involontaire du' sentiment religieux inné dans le cœur de l'homme.
Le culte des saints et des martyrs ramenait pour le peuple une sorte de polythéisme local. On en trouve quelques traces dans les lettres et dans les poèmes de saint Paulin. Ces pieuses croyances y remplacent la mé-
362 TABLEAU DS L'ÉLOQUmCB GHRÉTIINMB
taphysique élevée du christianisme oriental ; mais la nn)raie est la même. Le seul discours qui reste de l'évoque de Noie est une éloquente exhortation à Taumône. L'onteur fait de la charité le premier devoir du chrétien , et le premier titre devant Dieu. Ainsi , sur tous les porots du monde, le christianisme était Tespérance des malheureux ; et leur nombre même augmentait sa puissance.
AU QUATRlfcMB SIÈCLE. 363