‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 108 sur 158 · Ibidem , p · texte numérisé non relu

Ibidem , p

raison et n'afiranobit qu'un petit nombre d'esprits, non pas en leur faisant dédaig^ner les divins niystères, mais en les leur faisant comprendre comme ils doivent être compris; et la vraie, la pure philosophie n'a pas d'autre affiiire que d'enseigner quel est le principe éternel de toutes choses, quelle suprême intelligence et quelle émanation sans mélange en est sorlie pour notre salut. C'est le Dieu unique, tout-puissant dans sa triple majesté, père, fils et esprit saint, que nous enseignent les divins mystères. »

Aux yeux d'Augustin , et d'après le consieil qu'il donne, i'autorité , soit divine , soit humaine , bien que cette de^ nière trompe souvent , doit être la règle du grand nombre. La conviction ainsi formée, lorsqu'elle ne sera pas démentie par les actes , suffira pour la vertu ; elle ne suffira pas pour le bonheur ici -bas; Augustin n'admet pas que lame puisse être heureuse si elle n'est éclairée, et si elle obéit seulement à l'autorité sans y joindre ses propres lumières. On reconnaît là sans peine la doctrine naturelle de ce no- \)\e esprit. Ces préliminaires de la religion qu'il croit indispensables non pas à la justice de Tbomme , mais à la satisfaction de son âme , ce sont toutes les connaissances où apparait la raison , langues , calcul , histoire , dialectique, éloquence, musique, poésie, géométrie, astronomie ; Bnfin c'est la philosophie, c'est-à-dire l'étude, Tapalyse des grands problèmes du monde et de l'humanité.

Le passage de l'esprit à cette philosophie sublime est admirablement exprimé. Après avoir montré la loi des nombres partout présente dans l'univers, et l'intelligence humaine retrouvant plus visible en elle-même cette loi dont les objets extérieurs ne lui offrent que des ombres et des vestiges : « Parvenue là, dit-il*, la raison s'est élevée plus haut ; elle a beaucoup prétendu ; elle a osé prouver

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