‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 112 sur 158 · Sanct, August. Oper.^ t* I» P · texte numérisé non relu

Sanct, August. Oper.^ t* I» P

AU QUATKIÈMB SIÈCLE. 40l

conçoit , et dans sa manière de la concevoir en dehors des sens et au delà des apparences.

Telles étaient les occupations d'Augustin, pleines de curiosité savante et de candeur. Il avait adressé à quelques-uns de ses amis de Milan les premiers dialogues écrits dans sa retraite. 11 reçut de Nébrïde un remercîment çt des éloges dont il fut touché, et qui le firent longtemps réfléchir. Rien de plus naïf et de plus élevé que la réponse où il rend compte de sa rêverie sur la lettre de son ami , qu'il a lue à la lueur de la lampe après souper. 11 s'est couché , et il a songé à tous les problèmes philosophiques dont la solution lui manquait pour être heureux , comme le supposait Nébride , après avoir lu son traité sur le Bonheur, Comment être heureux , sans posséder la science des premières causes? Est-il du moins presque heureux dans cet ordre d'imitation affaiblie où nous laisse, au dire de Platon, le modèle idéal que l'âme voit et n'atteint pas? Alors il a parcouru de la pensée ce monde intelligible dont il n'y a ici-bas qu'une image rapetissée par le miroir qui la reflète. Puis il s'est dit qu'il fallait dormir. Il a continué cependant de méditer sur l'âme, sur le corps, sur la prééminence de l'âme, sur la vérité, sur la place qu'elle a dans le cœur ou dans l'intelligence , et il s'est dit : « Mais, si l'âme meurt avec le corps, la vérité meurt donc*, ou bien la vérité n'est pas l'intelligence, ou l'intelligence n'est pas dans l'âme, ou ce qui contient quelque chose d'immoptel peut mourir ; et cela ne saurait être. Nos soliloques l'ont prouvé. Je suis persuadé ; mais je ne sais quelle habitude des maux de cette vie nous donne frayeur et trouble. Enfin, l'âme mourûtelle avec le corps, ce qui me semble impossible, j'ai reconnu, pendant le loisir de cette retraite, que le bonheur

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