‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 114 sur 158 · Sanct, August. Oper,^ t. 1, p · texte numérisé non relu

Sanct, August. Oper,^ t. 1, p

que ce n*est pas la faute de cette lumière répandue au dehors si les yeux corporels sont souvent trompés. »

On le voit par cette première épreuve sur une intelligence qui lui était si chère, Augustin avait dès lors dans la pensée tout ce traité du libre arbitre qu*il préparait bientôt après par des discussions avec Ëvode, et quil écrivit plus tard en Afrique. Puis pendant qu'il était à Rome ^ qu'il avait sous les yeux et la secte puissante dont il s'était séparé, et les grands symboles de l'Ëglise à laquelle il s'était dévoué, il composait rapidement deux traités de controverse sur les mœurs des manichéens , et sur les moeurs de l* Église catholique^ c'est-à-dire l'attaque et la défense du dogme par les œuvres.

Ces deux écrits ne forment qu'un ouvrage, dont les parties mêmes ne sont pas complètement distinctes. Car dans la peinture de l'Ëglise catholique, Augustin mêle déjà beaucoup d'objections et d'attaques contre le manichéisme, qu'il accable à la fois par les accusations directes et par le contraste des vertus opposées. Mais à part les détails que cette polémique fournit sur l'histoire d'une secte singulière, qui représentait, en Occident, la lutte de l'esprit oriental contre le christiianisme , on peut en. tirer une vue générale d'un intérêt plus élevé. Augustin fait ici pour la philosophie morale ce qu'il avait fait pour la métaphysique dans ses premiers dialogues. Il reprend la chaîne des plus belles traditions de l'humanité; il emprunte à la sagesse antique ce qu'elle avait dit sur les obligations imposées à l'homme; et il en montre la sanction et la pratique dans Id loi chrétienne , sous l'influence d'un nouveau et plus puissant principe. De même que les idées étemelles de Platon , les types de vérités nécessaires et l'action immédiate de l'âme qui reconnaît ces vérités lui avaient paru le fondement de la métaphysique, ainsi pour base de la morale, il admet les maximes de la

vertu pâïetine. « H fattt, dit-il ^ rtcôhriip aux Jpréceptes de cetix qiii passent poùi* âvôllr été deé sa^eà. La ràikon hutnainé a pu s'êlëver jUsqtie-lài Gài^ fellë était iibli pas plus sûre dé la vérité , tnais plU^ cohflàhte dàtlà là pHLtiquë, en s*àppliquant à\ix bhoses de» l'dMre htitiidiil. Lorsqu'il s'agit d'àbordèr les chdseè divine^ , elle èë détourne ; elle né peut regarder ; ëUé palpite ; elle se trdbble ; elle est ébloiiië ^àr Véblàt delà vérité, et elle tetéhibë tibti par choix mais par lassitude â ses tériëbres âccbuturiiéës. Combien alort est-il à craindre que l'âiiie île trouve Un surcroît de faiblesse dans ce tepds rtiéihe qÛë cHërchë sa fatigue ! Il fâiit dônd , quand iiôùé Vbdlôîi^ , pà^ dilë dispensation de la sagesse sup^êitlé, ilods réhigiét* dans les ténèbres, que Fombrfe tUtélàii^e de Tiâùtbrité ilôbâ vietme eu aide , et, pat* k voix des niltracléS et des livres ëainls, nôUs présente la Vérité feotiS dëfe teintés plue dbùbes. *

Ainsi, niôraie hiimalhë él dogme irëvelé^i t)bièfeallce de là raison pour $*élever à là véHu, autorité de la tiraditibn nécessaire à là foi , vbilK le doublé principe àdqiiel s'isitiache Augustin, et qu'il ne cessa dlhtë^préteif sbus toutes les formel , dans sa lobguç càrriërb ! A cfes rëgleà dé tempérance , de courage , de justice et de pirùdëtifee qd'avait posées là philosophie antiqlie, lé ëhrlàtiàtlisnle, confirmant là loi de Moïse , àVait ajouté lé précepte d'aimer Dieu de tout cœiit*, de toute âme, et de tbiitë pëiisée: et dans l'amour de t)ieu il corriprenéit rambùi* de rhUtnàriité, cette charité que Cicéron avait désignée de ce ilbnl même, mais en là tàisàtit faàltré seulement de la justice et de là prudence, sans lui dbiitiër poUr principe cette ardeur religieuse qui la rendait nouvelle ël si pliissàiité. C'est ce que l'âme d'AugUfeiin se plaît surtout à développer. L'antiquité, pleine de cbntradictibns entre sôtt cdlle et sa

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