Sanct. Àugust. Oper,. 1. 1, p
souffirances humaines. Cela même donne à sa spiritualité nouvelle quelque chose de touchant que n'avait pas le platonisme, et où respire cette élévation tendre et humaine , ce chaste mélange du ciel et de la terre que la peinture moderne a porté dans les sujets religieux nu XVI* siècle.
Sous cette impression toute spéculative, le traité d'Au* gustin n'est ni une démonstration théologique ni un témoignage purement historique. Dans sa pensée, les faits surnaturds accomplis dans le i" siècle à Tappui de TËvangiie ont cessé de se renouveler, afin de laisser quelque mérite à la croyance. Mais la tradition est toute récente; et la conversion rapide des peuples continue la merveille de l'apostolat. Il se borne presque à cette preuve vivante, et à la preuve inépuisable qu'il trouve dans les rapports de l'âme humaine avec la religion de pureté et d'amour qui lui est annoncée. C'était là son raisonnement, comme c'était sans doute la cause principale de sa foi. Parcourant tous les objets de culte que l'homme s'était faits jusquelà, tout ce qu'il avait cru, tout ce qu'il avait adoré \ depuis la plus éclatante idolâtrie jusqu'à la plus abstraite , depuis l'idolâtrie des mages jusqu'à celle du sage orgueilleux qui concentrerait sur lui-même sa foi et son amour, il trouve partout insuffisance ; et de cette revue , il 'revient au christianisme entouré de ses livres sacrés, de ses martyrs et de ses pieux solitaires. Tel est ce traité, monument du cœur d'Augustin plutôt que démonstration de sa croyance, et destinée marquer une date dans le progrès religieux de son esprit plutôt qu'à servir de preuve à la vérité qu'il «vait embrassée.
Pendant qu'il s exerçait dans cette vie de méditation et d'étude, il fût frappé d'une grande douleur. Le fils auquel