Ibidem j t. I^p
AU QUATRIÈMB SIÈaE. 436
exprimée par Augustin, c'est la manière dont, réunissant deux principes de la science antique, il donne une règle intérieure à Târae, en même temps qu'il reconnaît sa li-^ herté. De quelque côté qu'il s'approcbe de la vérité, par la contemplation de Dieu ou par l'analyse des facultés de l'âme, il arrive également à dire : « Mal faire n'est pas au^tre chose que n^liger les lois éternelles, dont l'âme a l'intuition. immédiate, et qu'elle perçoit par elle-même; i« puis, animant cette croyance philosophique d'une ferveur religieuse, il s'écrie^: u Malheur à ceux qui renoncent à te prendre pour guide, et s'égarent au milieu des traces de tes pfis; à ceux qui aiment tes signes au lieu de toi, 6| oublient ce que tu conseilles! ô douce lumière de l'âme épurée, ô sagesse! tu pe cesses en #ffet de signaler qui tu e^t et quelle est ta grapdeur, Tes signes, ce sont toutes les splendeurs de la création. L'artiste fait signe au spectateur de son ouvrage, qui en admire la beauté, de ne pas borner là son attention, mais, après avoir du regard parcouru To^uvre entière, de reporter une affec* tueuse estime sur celui qui l'a faite. Ainsi ont besoin d'être avertis les hommes qui aiment ce que tu fais, au lieu de t'aimer, e\ qui , écoutant un sage éloquent , pen^dant qu'ils se plaisent au charme de la voix et à l'artifice heureux des paroles, perdent la grandeur des pensées dont ces paroles ne sont que le retentissement. Malheur à ceux qui s'éloignent de ta clarté , et s'attachent h leurs ténèbres ! te tournant le dos , ils se plongent dans des œuvres terrestres cachées par leur ombre ; çt là même cependant, du cercle de ta lumière quelque rayon échappé vers eux est ce qui les charme encore. » Augustin recon«kaU toutefois que ces pieux élans de l'âme n^ont pas résolu les difficultés du problème. Assuré de Dieu