Sanct. Àugust. Oper., t. I, p
et de la vérité, il lui reste à mettre la justice de Von et révidence de Tautre en rapport avec la libre et faible nature de Thomme. Il ramène dans Targunientation d'Ëvode les objections tirées de la bonté de Dieu et de sa prescience. Auteur de tout bien, pourquoi a-t-il donné le pouvoir du mal ? La volonté dont il savait infailliblement Fusage était-elle libre en effet? La réponse sur le premier point est encore un mélange de la philosophie ancienne et du christianisme. Augustin reprend d*abord une division d'Aristote entre les biens qu'il appelle grands, moyens, et inférieurs. Ce ne sont pas seulement les grands biens de rame, c'est-à-dire les vertus qui viennenjt de Dieu ; ce sont aussi toutes les puissances de l'âmje, ces biens intermédiaires qui peuvent tourner à mal, mais sans lesquels l'homme, n'étant pas capable d'effort, ne serait pas capable de vertu.
L'autre objection occupe plus longtemps Évode. Il ne peut concevoir ensemble la prescience et la liberté. Dieu est juste autant que prévoyant. Comment dans sa justice punira-t-'il des fautes nécessaires^ Comment ne serait pas nécessaire ce qu'il a prévu? Et comment ne pas reporter au Créateur ce qui a dû être nécessairement fait par la créature ? L'instinct de l'homme et la grandeur de Dieu repoussent ces arguments. Mais le génie d'Augustin ne se contente pas de ce premier tépioignage , et il veut par la subtile définition des paroles faire sortir la réponse de l'objection même. « La volonté, dit-iP, ne serait ni nôtre ni volonté , si elle n'était pas en notre pouvoir. Or si elle est en notre pouvoir, nous sommes libres d^en user; d'où il résulte que sans contester la prescience entière de Dieu, nous voulons ce que nous voulons. Lorsqu'en effet il a la prescience de notre volonté, cette volonté