‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 133 sur 158 · Sanct, Augwt. Oper , t. II, p · texte numérisé non relu

Sanct, Augwt. Oper , t. II, p

Comme il riûdique , la vulgarité de ces noms qui blessait le savant attirait la foule; c'étaient pour elle des patrons indigènes et populaires* « Pouvais*tu bien, dit-il S t'ou- * blier toi-même à ce point qu*homme africain , écrivant pour des Africains, lorsque tous deux nous sommes en Afrique , tu croies devoir repousser outrageusement les noms puniques? Si en effet nous voulons interpréter ces mots , Namphanion ne signiâe-t-il pais un messager de bonne nouvelle ? » Et par ce seul exemple il montre œ qui reste caché dans une foule de détails du même temps, combien Tunité du christianisme servait souvent à consoler de Tunité de l'empire , et rendait aux différents peuples confondus par la conquête des souvenirs distincts et nationaux qu'ils ne pouvaient trouver ailleurs.

Augustin ne combat pas moins facilement l'objection du rhéteur de Madaure contre le secret dont s'ehtoUrait le culte chrétien. Il y oppose les initiations tùrtîves de quelques cérémonies païennes, et la publicité honteuse de quelques autres, telles que les célébraient alors même sur les places publiques les décurions et les primats de la ville de Madaure.

Mais n'espérant pas sans doute vaincre les illusions opiniâtres de Maxime, il s*abstient de répondre à sa question principale , et n'essaye pas de révéler le dogme à qui semble si peu préparé pour le recevoir. « Sache seulement, lui dît-il*, pour que tu n*en ignores et qiie tu ne sois pas entraîné à des insultes sacrilèges , que les chrétiens catholiques, dont l'église est établie même dans votre ville, ne rendent de culte à aucun mort, et il 'adorent comme divinité rien de ce qui a été fait et créé par Dieu, mais Dieu seul, qui a fait et créé toutes choses. »

Page 1