Ibidem , p
An QUATMllMl SIÈCLE. 459
La discussion s'arrêta là sans doute entre le prêtre chrétien et le vieillard trop charmé de sa langue païenne pour la désapprendre. Bien des années après, malgré là rigueur croissante des édits impériaux, la ville de Madaure, dans ses magistrats et dans son peuple, était encore attachée au polythéisme; mais elle aimait et révérait Augustin , jadis élève de ses écoles, et maintenant évêque célèbre dans toute TAfriqUe. Une lettre écrite au nom de ses habitants , pour lui recommander un d'eux, le saluait de ces mots ' : « A notre père Augustin, salut éternel dans le Seigneur! » Mais cette expression et quelques autres, qui lui avaient paru d*abord Tannonce d'une conversion publique , n'étaient qu'une imitation des formes déjà dominantes. Augustin le sentit avec douleur , sans être moins favorable à ceux qu'il appelait ses parents et ses frères ; et sa réponse est une exhortation fervente à l'abandon d'un culte désor* mais sans excuse devant le monde , et « contre lequel , dit-iP, les puissances du siècle, qui jadis persécutaient les chrétiens par zèle pour les idoles , tournent maintenant leur colère et leurs lois. *»
A côté de cette philosophie du paganisme , mêlée aux souvenirs littéraires de Maxime de Madaure , on peut voir la mysticité du même culte dans les confidences d'un autre contemporain, auquel Augustin avait demandé quelques détails sur sa croyance. Il se nommait j d'un nom romain , Longinierï , était prêtre des dieux dans la province d'Afrique , mais appartenait à cette école de polythéisme, plus orientale que latine, qui sous Julien avait voulu ranimer le sacerdoce païen par un mélange de tra* ditions antiques et d'ascétisme contemplatif. Rien n'indique pour nous quel lieu il habitait, Carthageou quelque