Ibidem, p. S
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ville de Numidie ; mais nous voyons par la lettre que lui écrit Augustin , et par sa réponse , qu'ils avaient eu plus d'un entretien sur les questions religieuses. C'est donc un nouvel exemple du degré de culture morale et de lumières conservé loin de Rome et dans les ruines mômes du culte déchu. C'est en même temps un précieux témoignage de ce commerce paisible d'idées, de ce désir d'union dans la vérité qui rapprochait de nobles âmes séparées de toute la distance d'un grand culte à un pieux effort de libre méditation.
Voici comment s'écrivent l'un à l'autre ces deux hommes :
A LoNGiNiEN, Augustin.
« On cite ce mot d'un ancien S que pour ceux qui veulent avant tout être hommes de bien, le reste de la science est facile. Cette maxime, qui est de. Socrate , si je me souviens exactement , avait été précédée dès longtemps par la maxime révélée, qui enseigne brièvement et tout ensemble à l'homme l'obligation d'être bon et la manière de Tétre : Tu aimeras ton Dieu de tout cœur^ de toute âme^ de toute pensée^ et ion prochain comme toi-même. Pour qui est pénétré de ce précepte , il ne s'agit pas de trouver facile le reste de la science ; toute la science utile et nécessaire est acquise. Comme je crois donc avoir vu dans la sincérité de tes entretiens avec moi que tu veux avant tout être homme de bien , le Dieu meilleur que tout et de qui l'âme humaine reçoit la bonté, j'ose te demander comment tu juges qu'il faut Tadorer ; car sur le devoir même de l'adorer je connais déjà ton sentiment
Cl Je demande aussi ce que tu penses du Christ , car je sais que tu n'en tiens pas peu de compte ; mais crois-tu