SancU August. Oper,, 1. 11, p. 2W
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pâble soit défendu , s'il faut le défendre , que toute rigueur soit écartée des innocents. Fais ce qui t'est demandé selon ta nature. Les dommages peuvent être compensés par des amendes. Nous prions seulement qu'on épargne les supplices. »
Augustin était parti pour Calame, afin de se ranger près de l'évéque son ami, et d'apaiser les violences et les ressentiments. Il entendit tour à tour les dçu^ partis, donna des conseils de paix aux chrétiens, et ensuite reçut les païens sur leur demande « et leur parla longtemps de ce qu'il fallait faire et pour détourner leur péril présent, et pour acquérir leur salut éternel. Ce n'est qu'après cette médiation bienveillante, et de retour dans Hippone, qu'Augustin répondit à la lettre du vieux citoyen de Galame. On retrouve dans son langage le génie du temps et cette controverse ornée qui se mêlait à tous les intérêts de la tie. En honorant le zèle de Nectaire^ et sans refuser tout à fait l'intercession qui lui est demandée, il déplore les vices de la société païenne; il en veut la réforme, et trouve miséricordieuse la punition qui peut y contribuer. Ce dévouement que Nectaire témoigne pour sa patrie, ces maximes sur le devoir du bon citoyen , qu'il emprunte à i&Rëpubliqtte de Cicéron, étaient inséparables de vertus civiles et privées qui maintenant, dit Augustin^ ne sont plus enseignées que dans les auditoires de peuples formés par les églises chaque jour plus nombreuses.
Ainsi le christianisme revendiquait avec La vérité religieuse l'ascendant politique. Sans nier les fortes vertus de l'anetenn^ Rome » il s'en prétendait désormais dépositaire, et dans les^ règtes qu'il donnait pour la vie spirituelle , il songeai! à compr^dre les devoirs de la vie publique. Les pardes d'Augustin attestent qu'à Ift même époque un eH'ort était fait par la prédication païenne pour mettre dans la religion qu'elle essayait de défendre la morale qui
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lui avait man(lué jusque-là. «Je sais, dit^il \ avec une nuance d'ironie » que tout ce qui a été anciennement ra* conté sur la vie et les mcfeurs des dieux doit être compris et expliqué tout autrement par les sages : on a maintenant pour les peuples réunis dans les temples de très-salutaires interprétations de ce genre; hier ou avànt^hier, nous en avons entendit. »
Quel que fût le caractère de ce tardif effoH , il disparut entre Tinflaenee chrétienne et Tinvasion barbare : et on ne doit pas s'étonner que révéque d'Hippone, qui écoutaU avec bienveillance Tenthousiasme solitaire d'un païen ré' formateur, dédaigne cette réforme pour la foule , dont elle ne corrigeait pas les passions et la licence , et dont elle ne pouvait exf)4iquer le culte sans le détruire'.
Le zélé patriote de Calame ne se découragea pas cependant; et quand il vitf ieà rigueurs dé iti justice impériale menacer ses concitoyens, il invoquai de nouveau le se* cours d'Augustin. « Ta lettre éloqtiente^, lui écrit-il, m'a fait entendre la vm du philosophe, non pas de celui qui doutait dans rÂcadémie, mais du consulaire Tullins, lorsque^ sauveur dotant de citoyens, il apportait du forumf son drapeau victorieux dans les écoles éblouies de la Grèce. » S' efforçant alors de se rapprocher d'Augustin , sinon dans le dogme chrétien, au moins dans la croyance d'un Dieu suprême et d'une vie étemelle, il en parle avec ce caractère d'esprit civique et romdin qui forme une nuance distincte dans le spiritualisme païen, dont nous avons recueilli quelque ^aits. « J'écoute avec reconnaissance , lui écrit-il ^ en réponse à ses exhortations au christianisme, ton conseil d'asprer à la patrie céleste. Tu ne veux pas m'as^gner pour seule patrie cdle que renferine