Sanct. Àugust. Oper., t. II, p
. 470 TABLEAU M L'ÉLOQCBNCB CHRÉTIENNE
peuplades indigènes , mais les restes transplantés du polythéisme romain , et leis monuments dont il avait orné sa conquête. Une hostile défiance s'attachait même aux ruines. Un chrétien peut-il boire de Teau d'une source ou d'un puits qui a servi pour les sacrifices , ou qui se trouve dans l'enceinte d'un temple devenu désert? peut-il se baigner dans des thermes où il est offert de l'encens aux idoles? peut-il prendre du bois dans les forêts sacrées? A toutes ces inquiétudes , Augustin * répond avec la même sagesse : « Celui , dit-il , qui a juré par les faux dieux pécherait deux fois s'il était parjure/ Profiter de sa fidélité, ce n'est pas s'associer à la forme de son serment, mais à ce qu'il fait de bon ep gardant sa promesse. *> Quant aux scrupules sur la fontaine sacrée , sur les offi*andes qui auraient servi au culte des idoles, il ne peut s empêcher de sourire. « Si cette crainte était fondée, dit-il, les apôtres n'auraient dû prendre aucun aliment dans Athènes , puisque la viUe entière était consacrée à Minerve. » Enfin, de toutes les abstetitions qu'inspirait Thorreurdu paganisme, une seule Tarrôte, mais par un motif d'équité ; il ne veut pas que les chrétiens prennent pour leur usage les débris des temples et des idoles, les arbres des bois sacrés, par crainte non de profanation, mais d'avarice; et 11 condamne le zèle intéressé des destructeurs.
Aux objections du paganisme mourant , à sa transformation mystique , aux derniers combat? rendus autour de ses ruines, il faut joindre pour Augustin les doutes qui s'élevaient au sein même du culte vainqueur, et dont il était souvent le confident et l'arbitre. Parmi les hommes engagés au christianisme , ou qui devaient lui appartenir par tradition domestique, il y avait des esprits sceptiques, sans être dissidents. Cela se rencontrait surtout chez quel-