‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 140 sur 158 · SancU August, Oper.y t. II, p. ni · texte numérisé non relu

SancU August, Oper.y t. II, p. ni

AU QCATRiiMS StÉGLS. 471

ques hommes habitués à Tétude. Ainsi , dans une de ces réunions d'amis lettrés telle que Toffirait dès lors une ville d'Afrique , après avoir raisonné sur les théories de Tart oratoire et les différents systèmes de philosophie , on touchait à la science du christianisme , au fond même de ses dogmes. Ce n'était pas Tobstination du préjugé païen , ou la prétention d'une secte rivale , mais une certaine résistance du libre penser dans des hommes que ne dominait d'ailleurs aucune* passion de parti. Tel paratt un noble Romain, Volusien, d'une famille attachée au christianisme, l'ami du tribun Marcellin, qui , se sentant trop faible de* science pour lui répondre , réclame l'appui d'Augustin. Les deux amis adressent leurs lettres à Tévèque. Volusien * avait résumé dans la sienne les objections qu'il avait recueillies, la difficulté de concilier la grandeur du Dieu de l'univers avec son incarnation mortelle , les miracles qu'on lui attribue et qui semblent petits pour un Dieu. Marcellin ajoute d'autres questions sur le caractère même de la loi nouvelle. Pourquoi a-t-^lle été substituée à l'ancienne loi, puisqu elle reconnaît le môme Dieu? n'est-elle pas en désaccord avec la constitution de l'État , lorsqu'elle prescrit de ne jamais rendre le mal pour le mal , de tendre l'autre joue à qui vous a frappé , et de donner là tunique à qui a pris le manteau, toutes choses contraires à la loi civile, et à la protection de la province romaine contre l'ennemi ? Il demande une réponse , une solution éclatante de. ces objections. « Car, pendant qu'on les faisait , dit-il , un propriétaire considérable du pays d'Hippone était là présent, qui louait ironiquement ta sainteté ^ et soutenait que t'ayant adressé ces questions , il n'avait obtenu rien de satisfaisant. »

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