Sanet, AugusU Oper., t H, p« 6d
se retirer qu'avec le peuple , et qu'après le peuple. « Il faut qu'ils se trouvent à ce dernier moment de péril , où la foule se presse dans l'église, les uns demandant le baptême, les autres le sacrement de pénitence, tous la consolation et les secours célestes, a Telle était l'image de cette société mourante sous les coups des barbares.
Augustin réfute ensuite l'excuse égoïste de quelques prêtres qui prétendaient se réserver pour le reste du peuple. <t Pourquoi, dit-il, supposons-nous dans un péril commun, sous le fer de l'ennemi, que tous les prêtres vont périr, et que tous les laïques ne périront pas? Pourquoi n'espérons-nous pas qu'il survivra quelques laïques, et aussi quelques prêtres pour leur donner des secours? et cependant, s'il doit s'élever un combat entre les ministres de Dieu, pour savoir qui doit fuir et qui doit rester, afin que TÉglise ne soit pas entièrement désertée ou par la fuite, ou par la mort de tous ses prêtres, cette contestation, à mon avis, doit être réglée par le sort, qui désignera ceux qui peuvent fuir et ceux qui doivent rester*. »
Augustin prit pour lui*même le conseil de dévouement qu'il donnait. 11 refusa de quitter Hippone, assiégée par les barbares, et s'enferma dans cette ville, où le gouverneur d'Afrique , moins heureux contre les Vandales qu'il ne l'avait été d'abord contre l'empire, vint se réfugier avec lés débris de ses troupes.
Augustin, alors âgé de soixante^seize ans, l'esprit encore occupé de controverses sur la prédestination et la grâce , prodiguait ses soins aux combattants et aux blessés; il les animait de sa foi. Son nom était vénéré même des Vandales. Ces barbares attaquèrent faiblement des murs défendus par la présence du saint pontife, et bientôt consacrés par sa mort; cardans le troisième mois du siège,