TertuUiani Àpologetieus
1 Suetoniusi in Caio*
des Romains, le tort d'entretenir par leur fanatisme l'humeur belliqueuse des habitants.
11 ne se montra pas moins ennemi des rites barbares que la tradition carihaginoise avait laissés en Afrique. Deux cents ans après que Carthage était devenue romaine, on y offrait encore publiquement des enfants en sacriRce à Saturne ^ Pour interdire ces horreurs dans la province conquise , le tyran de Rome fit crucifier les prêtres aux arbres de leur temple, aux palmiers dont les ombres complices avaient couvert leur crime. La milice du pays, convoquée en armes par les magistrats , assistait à cette sanglante punition d'un culte affreux, détesté même de Tibère.
Depuis lors, sous les mauvais comme sdus les bons princes, tout en gardant pour son compte, au mépris d'un ancien décret du sénat, la barbare coutume d'offrir chaque année à Jupiter Latial le sang d'un homme*, d'un étranger égorgé sur l'autel , Rome continua de prohiber ou d'adoucir les atrocités religieuses des peuples soumis à son empire; et au temps de Vespasien , un demi-siècle après les exécutions de Tibère, Pline le naturaliste donnait cet éloge à ses concitoyens :
« On ne peut assez apprécier quelle reconnaissance est due aux Romains , pour avoir fait disparaître ces cultes .monstrueux où tuer un homme était une œuvre sainte, et le manger une chose salutaire'. »
Les armes et la justice de Rome, les habitudes plus
1. Infantes pênes Africam Satiirno immolabant palam , usqiic ad proconsulatiim Tiberii , qui eosdcm sacerdotes in eisdem arboribus tompli sut obumbratricibus scelerum voti.vis crucibus exposuit, teste niiiitia patri» riostrge, quae id ipsum munus illi proconsuif functa est. (TertuIL Apolog,^ cap. ix.)
2. LaUo ad hodiemuni dieni Jovi média in urbe huinanus sanguis ingustalur. (Tertull. Scorpiac)
3. Nec satis aestimari potest quantum Roniauifi debeatur, qui suslulere
douces du midi, quelque usage du luxe et iiiéme des lettres introduit dans les Gaules, dans quelques portions de la Germanie et de la Grande-Bretagne, corrigeaient les cultes féroces des habitants. De toutes parts s'élevaient parmi ces peuplades sauvages des portiques, des thermes et des temples romains ^ On les poliçait à la fois par les arts et par les vices d'i^n ingénieux polythéisme; Rome, alors même qu'elle était Tesclave avilie des tyrans, était la législatrice des barbares. On ne sentait pas dans les provinces le contre-coup de ces fureurs qui décimaient le sénat, de ces folies qui s*étalaient dans le cirque et dans l'amphithéâtre. Sous Néron et sous Claude , le génie romain continuait au loin à civiliser Tanivers : les rites sanguinaires des druides et des bardes étaient refoulés dans le fond des forêts; leà cultes pompeux de l'Italie s'étendaient avec les limites des provinces romaines ; les statues élégantes des dieux de la Grèce remplaçaient les pierres massives et les grossiers fétiches adorés dans le nord.
Lyon était une ville toute romaine; elle avait les mœurs et le savoir des plus belles cités de Titalie; des libraires établis dans ses murs y vendaient' les ouvrages des beaux esprits de Rome. Les provinces septentrionales de la Gaule étaient moins polies; mais elles subismlent cha^ que jour davantage les lois , les mœurs et la langue des Romains ; un temple même d'Auguste , élevé sur les bruyères incultes de l'Armorique, était une espèce de progrès dans la civilisation de ces peuples, qui n*avaient adoré longtemps que des pierres teintes de sang.
Les contrées seules de la Germanie qui résistaient aux
monstra in quibus homiDem occidi religiosissimum erat, niandi vero etiani saluberrimum. » (C. Plînll Secundi Nat. Hist., lib. XXX.)