Tacit, în Annal, Hb. V
Grèce oisive et subjuguée, était plus hardi que ne Tavait été Socrate.
Sous la conquête romaine, qui remplaçait Tempire macédonien , il ne restait aux villes grecques qu'un régime municipal , au lieu de leurs anciennes institutions. Les Romains s'inquiétaient peu d'une liberté philosophique qui n'ôtait rien à l'obéissance. Il n'y avait plus de tribunes dans la Grèce ; mais les sophistes pouvaietit plus librement que jamais, dans leurs écoles, railler le culte des dieux. Les noms de toutes les sectes se conservaient ; mais celle d'Épicure et celle des cyniques étaient les phis puissantes et les plus populaires : elles se moquaient à la fois de l'ancienne religion et de l'ancienne philosophie ; elles appelaient la licence des mœurs au secours de l'irréligion. Lucien fut le Voltaire de cette école : il finit les disputes par la moquerie de toutes les opinions.
Mais avant que le polythéisme grec fût arrivé à ce point de n'élre plus qu'un objet de ridicule pour les Grecs eux-mêmes, il s'était successivement affaibli dans .les esprits par mille causes diverses. Dès le temps de Cicéron , c'était une vérité convenue que ceux qui étudiaient la philosophie ne croyaient pas à l'existence des dieux*. Ainsi, cette incrédulité, qui n'avait d'abord été qu'un paradoxe des épicuriens , était devenue l'opinion de toutes les sectes divisées de principes et de systèmes, mais uniformes dans leur mépris pour le culte popu* laire.
Athènes subjuguée n'était plus qu'une ville d'études et de plaisirs, où l'on raisonnait incessamment sur toutes les questions philosophiques. Avec ses lois, elle avait perdu son ancienne intolérance; on n'entendait plus