Àmmian. ÉàtcelL lib. ÎXVtt, cap. iv
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88 TABL^u DR l'Éloquence chrétienne
controverses,, et les gagnait en lem:* donnant asile. Presque auc.une secte ne se ^ formait dans TÉglise deAonie. Son génie était ^n cela Topposé du génie grec; il se tenait aux anciens formulaires, innovait peu, redoutait le changement comme une hérésie; et, sans égaler, la gloire de rÉglise d'Orient, devait à la longup l'emporter sur elle par une sorte de prudence temporelle et de ténacité.
L.c génie grec, plus libre et plus hardi, et devenu depuis les conquêtes d'Alexandre plus oriental qu'européen, portait dans le christiaQisme les subtilités, les allégories. L'Egypte et l'Asie Mineure en étaient le principal théâtre ; mille sectes, mille opinio^is bizarres y naissaient de l'imagination superstitieuse des habitants. Les Romains, ou plutôt les peuples qui parlaient la langue latine , avaient quelque chosQ de moins savant, de moins ingénieux; ils n'étaient que des théologiens grossiers auprès des Grecs d'Alexandrie; mais ils étaient plus calmes et plus sobres dans leurs opinions. II3 se déliaient de la métaphysique raffinée que les Orientaux mêlaient aux dogmes de la foi; et ce schisme, cette répugnance mutuelle, qui, plusieurs siècles après, sépara les deux Églises, avait sa racine dans les premiers âges4u prosélytisme chrétien. On devrait en retrouver aussi la trace dans les monuments aratoires des deux littératures ; mais le parallèle ne saurait être exactement suivi. Non-seulement l'Église orientale avait une incontestable supériorité d'imagination et d'éloquence; mais parmi les écrivains de l'Église latine, tous ceux qui brillèrent d'un grand éclat semblaient appartenir à rOi'ient; les uns, en effet, tels que saint Jérôme, avaient vécu dans la Syrie, dans la Judée, et respiré l'enthousiasme aux rives du Jourdain; les autres, Tertullien, Cyprien, Arnobe, Augustin, nés sous le ciel brûlant de Carthage, étaient plus orientaux que latins. La langue romaine se transformait dans leurs écrits, et y prenait comme une
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empreinte de ce génie arabe fervent et subtil, frappé tour à tour des soleils d'Afrique et d*Asie.
Sous ce rapport, ils étaient plus novateurs que les Grecs ; ils formaient, au milieu de rOccident, une époque plus singulière et plus distincte du passé. Mais essayons de marquer ces divers caractères , en parcourant l'histoire et les écrits des grands hommes qui,, dans l'Orient et l'Occident, firent du iv* siècle une époque si mémorable pour la religion et les lettres.