‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 37 sur 158 · Sanct, Athan. Oper.^ 1. 1 , p · texte numérisé non relu

Sanct, Athan. Oper.^ 1. 1 , p

de pr^dre la fuite; je refuse ^de le vf^ire, avaut que chacun d'eux soit en sûreté. M'étant donc levé, et ayant prié le Seigneur, je les conjurai 4e se retirer : J'aûne mieux , disais-^je, être «en péril, que de voir maltrailer quelqu'un 4le vous.

« Plusieurs étant déjà sortis, et les autres se préparant à les suivre, quelques solitaires et quelques prêtres montèrent jusqu'à moi, et m'entraînèrent ; ^t itinsi, j'en atteste la suprême vérité , malgré tant de soldats qui assaillaient le sanctuaire, malgré-ceux qui eoitouraient l'église, je soctis sous la conduite du Seigneur, et j'échappai sans être vu, glorifiant surtout lé Seigneur de ^e que je n'avais pas trahi mon peuple , et de ce que l'ayant mis d'afoord en sûreté, j'avais pu être sauvé moi-même, et me dérober aux mains qui voulaient me saisir. »

Proscrit «t fugitif, Athanase adresse à l'empereur une apologie où il se défend avec le même calme, la même hauteur de courage que s'il était encore dans' le palais épiscopal d'Alexandrie ; il y reprend les aecusations de ses ennemis ; il les réfute , comme s'il s'agissait encore de prouver son innooence. Rien n'est plus beau surtout que sa réponse à l'accusation d'avoir écrit à Magnence. «< Le reprodie, dit^il, d'avoir voulu irriter contre vous votre frère d'heureuse mémoire avait du moins quelque prétexte, aux yeux des calomniateurs. En effet, j'tivaisie priyû^ de le voir Kbngment; il ine défendait contre vous. Présent, iliu^honôrait; absent, il m a souvent appelé. Mais œt infernal Magnence, Dieu m'est témoin, son Christ m'est témoin que je ne le connais pas. Quelle femîliarité pouvait ^bac s'établir d'un inconnu à un inconnu? quel motif m'induisait à écrire à tin tel homme? Par où pouvais-je commencer une lettre à lui? était-ce amsi : Tu as bien Mi de tuer celui qui me comblait d'honneurs et dont je n'oublierai jamais l'amitié. Je 4;'aime d'avoir égorgé ceux qui,

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dans Rome, m'ont accueilli jadis avec tant lie faveur \ « En môme teoips l'éloquent évoque multiplie les preuves, les faits, les vraisemblanoes qui démentent la caiomnrede ses ennemis; et, sans se pktindre de son exil et de «es malheurs, il supplie Dieu d'éelairer le cceur de Conetanee. L'empereur fut inJOexible; et la persécution s'étendit sur les amis, les partisans d'Àthanase, sur le peuple de sa communion, avec une fureur qui rappelait l'ère sanglante des martyrs. Pendant six ans, c'est-à-^ire pendant le reste du règne et deJa vie de Constance, Athanase erra de déserts en déserts, souvent poursuivi de près par. les ordres des gouverneurs romains. Ces vastes solitudes sans verdure et san6 chemin qui ferment la haute Egypte , ces îles ée granit dont les pyramides dominent le cours débordé du Nil, ces débris de cités, ces monuments mystérieux que déjà on appelait antiques, quelquefois ces villes alors modernes et populeuses, où la foule cache encore mieux que la solitude, tout dans TÉgypte servait tour à tour d^sîfe au patriarche .fugitif. Mais sa retraite préférée était dans les monastères et dans les ermitages de la /Thébaïde, doilt il animait les études ou partageait les austérités , .passant d'une assemblée de cénobites et de l'agitation de qaelq» oasis heureuse aux veilles pénitentes du solitaire sur Jes sablas arides, partout gouvernant les âmes, et somvent occupé de guérir les défiances, d'apaiser * les divisionstqui naissaient de la vie religieuse , comme elles sefaientnées du monde, et s'élevaient entre le 'dloltfe et le ^déseitt. C'est de là qu'il encourageait quelques évéj]ues d'Egypte zélés pour sa cause, qu'il adressait des lettres apostoliquâs à son église d'Alexandrie, qu'il ^répondait savammeni auK hérétiques, qu^ll lançait des anathèmes contre les.persé-

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