SancU Greg. Nafianz, Oper,, 1. 1, p
114 TABLEAU DE l'ÉLOQUBNCE CHRÉTIENNE
brillants , aussi amofureirx de belles parole» et de digressions savantes q^e les premiers apôtres avaient été incultes et négligés. Malbeureusement cette révolution ne se borna point au langage; TÉgiise aussi, TÉgiise presque entière s'était éloignée de te simplicité des temps apostoliques. Lès évoques avaient déposé le bâton de voyage des apôtres, pour monter sur des chars \ qui les portaient avec un fastueux cortège au palais de fempereur. A la cour ils étaient honorés à régal desgrands officiers de Tempire. Leur voix était toute-puissante; seuls ils avaient le droit dte tenir des assemblée^ qui, sons le nom de concile, devenaient les états généraux du monde chréûen. Dans les villes éloignées , la puissance de levéque était p4^s grande encore , et ne trouvait guère d'obstacle que dans les schismes et les ambitions de compétiteurs ecclésiastiques.
-Aussi, quoique la religion fût très-puissante, les sectes se fortifiaient; Le zèle même des empereurs pour le christianisme , le prix immense qu'ils croyaient attacher à 1« pureté de la foi ne servaient qu'à les rendre protecteurs plus ou moins imprudents de la secte qu'ils préféraient.
Ariens ou catholiques prédominaient tour à tour, suivant la volonté du prince, et souvent par le caprice d'une princesse ou les intrigues d'un eunuqtie de cour. Alors ces évêqiies si puissants étalent exposés à des retours de disgrâce et de despotisme. Ces persécutions violentes, interrompues sous le règne idolâtre de Julien, recommencèrent sous Valons, par lô bannissement d'Athanase; mais, dans cette nouvelle espèce de martyre, tout était diangé ; et on peut dÎTe que l'Église clirétienne triomphait encore dans l'humiliation passagère de queiqiies'-uns de ses ministres; car c'était toujours elle qu'ion prétendait venger*; ç'étak poiir elle, mal comprise, il est vrai, dénaturée par la passion et