Sonet 'Gregof. Nyssen. Oper,, t. IH, p
AU QUATRliWt SIÈCLE. t2S
arien, il retemlM* malade et mourut. U$ ajoatent que i'em* pereur ayant voula %ïgmrVotdve d'exil, sa plume se brisa par trois fois. 11 n'es^ besoin de ces prétendus miracles pour ex]»Hquer l'ascendant de l'arclievôque de Césaréestvr un prince faible et forteux. Basile reçut YalaiYS dans Téglise, ëerrière le YoUe du sanctuaire, lui parla longtemps, et avt a^paiser sa colère par un mélange de force et de douceur.
L'archevêque de Césarée fut srouvent mêlé dans la suite aux q«erellea religieuses de sa province et de tout TOrient ; mais it eat plus intéressant de le ^i^ontemplier instruisant par ses paroles les pauvres habitants» de Césarée , les éle^ vaut à Âieu par la contemplation d^ la naitare, leur expliquant les merveilles de la création, dans des discours où la science de Tovateur^ formé dans Athènes , se cach« sous une simplicité persua^ire et populaire. C'est le sujet des homélies cfa\ portent le nom A'Hexaméron. Parmi des erreurs de pbysi^pie communes à toute, Tantiquité, elles renferment beaucoup de notions justes, de descriptione heureuses et vraies : on croir«t lire parfois de belles pages détachées des Études de la nature ; c'est le même soin ponr montrer partout Dieu dans son ouvrage; c'est la même imagination spéculative et tendre peur s^élev^er aux bontés du Créateur, la même délicatesse, la même sensibilité dans rexppejssion poirr (es îûte comprendre et les faire aimer.
On ne Ht pas de semblables dtsçotirs sans songer avec étonnement à ce peuple grec ebez qui des artisans, des ouvrier» oecupés à gagner leur pain de ebaque jour, eomme dît l'«rateor, étaient sensibles à de telles instroetionSf y répondaient par ées apphuidisseHiônts et des larmes.
Quel charme dans le début de quelqifesHunes de ces h«ffiéliea! « Il est des vilies, dit l'élequent^Krateur, qui.
124 TABLEAU DE ],*ÉLOQU£NCE CHRÉTIENNE
depuis le lever du jour jusqu'au soir, repaissent leurs regards du spectacle de mille jeux divers ; elles ne se lassent pas d'entendre des chants dissolus qui font germer la vo> lupté daps les âmes; et, souvent, ou nomme heureux de tels hommes, parce que, laissant les soins du commerce et les arts utiles à la vie , ils passent dans la mollesse et le plaisir le temps qui leur est assigné sur la terre. Ils ne savent pas que le théâtre de ces jeux impurs est une. école de vices pour ceux qui s'y rassemblent,, »
« Quelques autres, qui sont passionnés pour les courses de chevaux , croient combattre en songe , attellent leurs chars, changent leurs écuyers, et, dans le sommeil , ne sont pas délivrés de la folie qui les tourmente le jour; et nous que le Seigneur , le grand artisan des merveilles ap* pelle à lacontempration de ses ouvrages , nous lasserons* nous de les regarder, ou serons-nous paresseux d'entendre les paroles de l'Esprit saint? Ne nous presserons-nous pas plutôt autour de ce grand atelier de la puissance divine, et, reportés en esprit vers les temps antiques, ne sauronsnous pas embrasser d'un regard tout l'assemblage de la création ?»
Fidèle à ce plan théologique et poétique , l'orateur expliquait chaque matin et chaque soir l'ordre des saisons, les mouvements de la mer, les divers instincts des animaux, leurs migrations régulières, l'existence de l'homme, et les merveilles de sa nature.
Sans doute il s'éloigne bien de la co^ographie des Hipparque et des Ptolomée ; et on peut voir dans ces discours la trace de ce mouvement rétrograde, de ce déclin prématuré que la religion mal comprise imprimait aux sciences naturelles cultivées naguère avec gloire par l'école d'Alexandrie : ils n'en sont pas moins remplis de notions d'autant plus curieuses, qu'elles étaient populaires et offrent un témoignage du temps; mais ce qu'il faut cher-
eher surtout, c'est Texpression de ce spiritualisme auquel ia nature sert de texte et d'inspiration.
M Si (quelquefois* , s'écrie Torateur, dans la sérénité de la nuit, portant des yeux attentifs sur l'inexprimable beauté des astres , vous avez pensé au Créateur de toutes choses , si vous vous êtes demandé quel est celui qui a semé le ciel de telles fleurs ; si quelquefois , dans le jour, vous avez étudié les merveilles de la lumière , et si vous vous êtes élevé , par les choses visibles, à l'être invisible ; alors vous êtes un auditeur bien préparé, et vous pouvez prendre place dans ce magnifique amphithéâtre ; venez : de même que , prenant par la main ceux qui ne connaissent pas une ville, on la leur fait parcourir; ainsi je vais vous conduire , comme des étrangers , à travers les merveilles de cette grande cité de l'univers.' »
Partout les véWtés morales viennent se mêler aux descriptions que trace l'orateur; et le spectacle du ntonde n'est pour lui qu'un sujet de pensées religieuses. Cotte magnificence des cieux lui rappelle quelque chose de plus grantf. « Là, dit-il, est notre antique patrie d'où le démon homicide nous a précipités. Si des choses créées pour le temps sont si grandes, que seront les choses éternelles? Si les choses visibles sont si belles, que seront les invisibles? Si l'immensité des cieux dépasse la mesure de la pensée humaine, quelle inteiligence pourra pénétrer dans les profondeurs de l'éternité? Ce soleil périssable et pourtant si beau , si rapide dans ses mouvements , et dans sa grandeur proportionnée au monde, œil de la nature qu'il embellit de sa lumière , s'il nous offre une contemplation inépuisable, que sera dans sa beauté le soleil de la justice divine? »
Quand il a parcouru ainsi des regards et de l'imagina-