Sanct. Banil, Oper.^ 1. 1, p
I2l> TABLEAU ]|8 CÈlQQm^iCi CHRÉTIENNE
tion quelque partie de Tiinivers , quflqine point de vue ^ IMnfîn), il revient à ses auditeurs par d^aUooutioD^ d'im charme iBexprimable. A;-t-ii expliqué dévalât te pegple de Césâxée la créatioQ et les mouvemeats de b\ mer, H termiiAe par ces paroles pleines d'un enthousiasme oriental : « Mais pais-je apercevoir la beauté de l'Océap tel qu'il pa^ rut aux yeux de son Créftteux^? Que si FOeéan est beau et digne d'éloge devant Dieu, coo^bien n'est pas plue beau le nu>uvecnenx de cette assemblée cbrétieone , où les voix des boiiunes, des enfauts^ des fesmaes, oenfonduies et re« ternissantes «omme les flots ^ui se brisent au rivage^ s'é-^^ lèvent, au milieu de d^s. prière , jusquà âiei» luimême! »
Cette imagioation seiisible et pittoresq^ie seceli^uve dae^ tous les autres discours de saint Basile, daus ses letires, dans ses moindres écrits. Rassioiifié poar l'éloqucnoe et la poésie antiques, il voulait en ins.pîrer le goût, en refsecn-* mander les monuments aux jeunee chrétiens dece inonde grec d'Europe, d'Afrique -et d'Asie. Il écrivit powr eux un traité sur le bon usage à tirer de la leetui^e des auteurs profanes , c'est-à-dire sur la manière d'y cherchei* les semences de vérités naturelles et les principes de vertu qu'ils renferment. Évidemment ce travail est encore un souvenir et une suite de la lutte contre Julien. Plus la maligne intolérance de l'empereur avait prétendu dépouiller le christianisme de l'arn^e et dé la parure des lettres , plus les deux élèves d'Athènes yonlftient assurer à leur foi cette sauvegarde chère à leur génie. Basile, d^un natiN'el plus grav<e que so» ami , n*attaelmtt pas cependant moins de priK à la beauté du langage. Son àme était austère, et son imagination brillante ; le scrupule de son orthodoxie ne tenait pas contre l'attrait de l'éloquenee , ou de ce qui