‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 48 sur 158 · Sanct. Basil. Oper., t. III, p · texte numérisé non relu

Sanct. Basil. Oper., t. III, p

130 TABLEAU DI L'ÉLOQDBitCB CHRÉTIENNE

prfe, des eiiux, et ce qui peur se rencontrer d'agréable aux regards. Tu as été un moment charmé, et tu as passé outre; maïs tu m tombé sur des pierres, des précipices, des rochers, parmi lesbètes féroces, les peptiïes venimeux et d'autres fléaux.. Après en avoir souffert,, tu les as lais** ses encore derrière toi. Telle est la. vie : ni ses plaisirs ni ses peines ne sont durables. »

Bossuet renouvelait devant une cour voluptueuse ces foHes images dbnt saint Basile avait frappé les habitants de Césarée. La puissance de soo génie ajoutait à la ter^ reur; mais iLn'y avait plus cette premièpe ferveur d'enthousiasme ^i transportait les cbrétiene du iv* siècle. Bo&suetaans doute était^ plus sublime ; mais il n'était pas plus éloquent; car F éloquence se compose de Taction qu'elle produit, autant que du génie qu'elle atteste- Saint Basile eut un frère aussi célèbre que lui dans les annales ecclésiastiques , mais qui ne saurait trouver la même platce dan» Ifhistoire de Téloquence. On peut ob^ server qu^à cette époque le zèle religieux saisissait presque toujours! des familles entières. On voyait, comme dans la taribu* de- Lév4., des pontifes remplacés par letcrs fils et plusieurs frères entrant à la fois dans le sacerdoce.

Ge frère de saint Basiie^. qui* partait le: nom ée Grégoire, comme le célèbre- orateur de Naaianae, avait d'abofd' embrassé la vie du siècle. Il s'était marié, et enseignmt la rhétorique ,v professioui si honorée à cette époque, où ce*pendant l'art de la parole,, privé- des grandes' occasions que donnent lesËtats iibres, n'avait plus d'exercice réel que dans>l'Ëglis6Ghiiétianne.. Suivant une pratique alors com^mune, il se sépai^>de sa &nune pour s'attacher au sa>» cerdoce ; mais le goût des lettres et de la philosophie profanel'entraînait toujours. Son frère et se&amis 4- en blâmaient. Il hésitait entre Platon^ et l'Ëvangile; et la trace

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de ses longues incertitadès se retrouva dans les abstracttons' philosophiques qur bigarraient sa théologie.

Saint Basile lé fit élire évéque de Nysse, dans laCappa^ doce. Il défendit la doctrine d'Athanase, ftit persécuté sous Valons, protégé sous Théodose, parut avec écîôt dans le» conciles , à la cour , et prononça dans GonstantiBopIe les^ oraisons funèbres de rimpératrice Flaccille et de sa flite Pulchérie. Le recueil de ses ouvragée nous offre aussi un Bexaméron coipme celui de saint Basile, et quelques discours sur la création de Thomme, où se trouvent de curieux détaMs d'anatomie : mais Tévêque de Nysse n'avait pas:, comme saint Basile, le don de tout embellir par Fimagî*nation et le sentiment: S» méthode est sèche , ses? allégories sont subtiles.

Il n*a pas- non plus cette couleur orientale qui charme dans la plupart des orateurs de TÉglisc grecque : diese singulière ! il est mystique par le raisonnement seul ; il est mystique sans être enthousiaste. Son hme n'est peîhti échauffée par les grands spectacles du christianisme naissant; maïs il a Vair d'appliquer les catégories d'Aristote à cette œuvre d'inspiration et de foi:

Du reste la supériorité de sa raison est souvent pemar*quablë. H' avait été chargé par l'empereur de réformer tes Églises de Palestine et d'Arabie; et à cette' occasion' il visita les saints lîèux. Il n'en jugeait pas moins' avee unesage sévérité ces pèlerinages qui commençaient' à devenîh tPè»-fréquents, Après avoir blâmé la licence et? la vie aven»lureuse qu'entraînaient souvent dé tels voyages, il ajoute : «•* Celui qui visite les lieux saints a-t-il un aVante^e sur lesHUtres hommes, comme si Dieu habitait corporellèment' dan» ces lieux, et s'était éloigné de nous, etc., etc.? Cen'est pas le changement d'habitation qui nous rapproehr

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