‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 55 sur 158 · Publié après le désastre de Scio, et avant Navariiu · texte numérisé non relu

Publié après le désastre de Scio, et avant Navariiu

recrutés par des* hommes d'Europe, combien ne doit-oa pas regretter qu'il n'y ait plus de Flavien et de Chrysostome, pour demander à la politique des rois Vamnistie d'Aniioche, pour arrêter au nom de Dieu Teffusion du sang chrétien , pour apprendre FÉvangile à ceux qui le prêchent et qui l'ont oublié ?

Chrysostome continua pendant dix années d'instruire le peuple qu'il avait défendu. Ses ouvrages sont le cours le plus complet de prédication morale que nous ait transmis l'antiquité chrétienne. Hormis quelques préjugés, ou quelques complaisances pour les préjugés du temps, on y voit partout un beau génie, une grande connaissance du cœur de i'homme, une charité vraiment évangélique. Ses discours ont encore un intérêt particulier pour nou3 autres modernes, curieux investigateurs du passé. La civilisation chrétienne d'Orient, cette époque sans analogie avec le moyen âge , et qui joignait à la naïveté du zèle religieux un haut degré d'élégance sociale, revit tout entière dans les pages éloquentes de l'orateur d'Ântio* che.

Nous y voyons que l'influencQ chrétienne n'avait pas encore réformé l'esclavage domestique. 11 n'était pas ex-* traordinaire de compter, dans une opulente maison, deux ou trois mille esclaves destinés à servir toutes les fantaisies du luxe le plus capricieux. On les traitait souvent avec une dureté que blâmait inutilement la chaire chrétienne. Une riche matrone S irritée contre quelques jeunes filles esclaves, les faisait attacher à sa litière, et battre de verges sous ses yeux.

Ces gens-là ne s'en croyaient pas moins chrétiens, et étaient assidus dans les églises; mais ils avaient encore une crédulité toute païenne pour les augures et les pré-

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