‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 58 sur 158 · Ibidem f 1. 1, p · texte numérisé non relu

Ibidem f 1. 1, p

ques des martyrs , les femmes étaient séparées par des barrières.

Rien n'égalait cependant le luxe et la mollesse de quelques-unes de ces femmes d'Orient, élevées au milieu des parfums et des roses, ornées de toutes les parures de rinde, et des tissus précieux de Biblos et de Laodicée. JMais sans cesse de jeunes filles s'arrachaient à ces monotones délices , pour adopter la vie austère et Thumble vêtement des religieuses. L'éloquence d'un orateur chrétien, l'imagination, l'enthousiasme, les jetaient dans cette vie nouvelle. La vanité y trouvait encore quelques attraits, les hommages de la foule \ une place distinguée dans les églises. Les orateurs sacrés du temps se plaignaient que le profane désir de plaire se conservait trop souvent dans cette profession sainte ; et ils nous ont même appris que, dans cette époque de ferveur, déjà la coquetterie^ pouvait dessiner les plis d'une robe de bure, laisser tomber un manteau et dévoiler des grâces que l'on cache. Beaucoup de vierges chrétiennes, il est vrai, se dévoilaient au soin des malades et des pauvres, s'exposaient à la mort, et montraient des vertus sublimes dans un sexe faible. Mais il était un abus, né du grand nombre des professions religieuses, et que saint Chrysostomé^ déplore avec une vive éloquence : de riches célibataires retiraient souvent, dans leur maison, quelqu'une de ces filles consacrées à Dieu , sous prétexte de les protéger, et de confier à des mains si pures l'administration domestique. £t ces vierges, gardant l'habit plutôt que les vertus de leur état, commandaient à des foules d'esclaves, subjuguaient l'esprit du maître, et, par leur conduite, excitaient les railleries des juifs et des gen-

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