Ibidem, t. VII, p
▲u quàtiusiie siècle. 175
coDtre<;es jeunes chrétiens, dont les chaussures étaient brodées d'or et de soie. Il décrit, avec une pieuse douleur, ces palais disposés pour les saisons diverses, ces colonnes, ces portiques, ces murailles inciustées de marbre et d'ivoira, ces parquets en mosaïques, ces hautes fenêtres ornées de vitraux de diverses couleurs, enfin ces statues de marbre et d'airain qui rappelaient les souvenirs du paganisme. Il accuse par mille allusions la vie de ces sybarites chrétiens d'Ântioche , la profusion de leur table , le luxe de leurs fêtes, leurs lits d'ivoire ou d'argent massif incrusté d*or, les vases. les plus vils forgés du même métaP, leurs bibliothèques, où des rouleaux du parchemin le plus délié, couverts de lettres d'or, reposaient, sans être lus, dans de précieuses cassettes.
Que faisait l'orateur au milieu de cette Babylone chré"tienne, enchantée plutôt que corrigée par ses paroles, dans ces églises où l'on applaudissait comme au théâtre, et d'où l'on s(M*tait,4ivant la fin de la synaxe, pour courir aux jeux dudrque? 11 cherchait surtout à faire naître la charité dans les cœurs^ il profitait des mœurs douces de ce peuple pour lui inspirer la pitié. Il était l'apôtre de l'aumtoe. Nul moraliste, nul orateur de la chaire moderne n'a jamais égalé la vivacité persuasive et l'inépuisable abondance que Ghrysostome portait dans cette exhortation. Jamais on n'a su mieux recommander à l'homme les misères de l'homme, ni émouvoir le cceur , pour exciter à la biea&isanceet à la vertu. Déjà, dans la société chrétienne, mille prétextes hypocrites glaçaient la charité, au nom même de la foi. 11 &ut voir comme le vertueux orateur s'élève au-dessus de ce christianisme pharisaïque, pcwir accueillir également toutes les soufiOrances.
« Un homme charitable*, dit-il, est comme un port ou-