‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 66 sur 158 · Sanc(. C/^ry«o«t. Op«r., t. in, p, iW · texte numérisé non relu

Sanc(. C/^ry«o«t. Op«r., t. in, p, iW

106 TABLEAU 0B L^£LOQU£ISCË CUR£TIËN.\£

la vériiablo cause de ma perte; c'est que je n'ai point tendu ma demeure de riches tapisseries ; c*es4 que Je n'ai point revêtu des habits d'or et de soie; c'e^t que je n'ai, point flatté la mollesse et la sensualité de <:eiiaiûes gens. Il reste encore quelque chose de lai race de Jézabel, et la grâce combat encore pour Êlie. Hérodiade demande encore une fois la tête de Jean ; et c'est pour cette infemie qu'elle .danse. « Ces éloquentes invectives parurent désigner l'impératrice ' Eudoxie.

Les ennemis de Cbrysostome, qui siégeaient au concile, s'armèrent de cette faute ou de cette' calomnie, et, après avoir solennellement prononcé la déposition du patriarche poulr quelques prétendus griefs de discipline ecclésiastique, il$ pressèrent l'empereur de le bannir pour crime de lèse-majesté.

Cbrysostome fut enlevé de nuit et jeté sur un navire, au milieu des plaintes et des réclamations de tout le peuple; car ce peuple, dans son abaissement) s'é(ait attaché à ce grand homme comme à un, défenseur. II aimait sa vie austère et simple 9 ses censures égales pour les grands et les petits. En. le perdant, il se sentait privé d'un appui, et se croyait tombé au-dessous môme de son esclavage ordinaire. Les imaginations, échauffées par ces regrets, fermentèrent avec l'ardeur superstitieuse de cette époque. Un tremblen)ent de terre, qui fut ressenti dans Constanttnople, parui un signe de la colère de Dieu.

Les ennemis de la cour, les mécontents, les orthodoxes, poussèrent des cris de douleur et d'effroi. Le faible Ârcadius fut effrayé, et l'impéralrice Eudoxie, troublée du tremblement de terre et de la haine du peuple, pressa vivement le' retour de celui qu^elle avait fait bannir. On fit

f. Les paroles mêmes de Clirysostome , si; àoo^iav èvxpexet, fureiU avcusées d'offrir un jeu de mois insultant.

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partir, pour le rappeler, plusieurs dépùtations sucëeiidives;Rome menacée n'avait pas envoyé plus d'ambassadeurs à Coriolan.

Théophile et les évéques de son parti prii'ent h fuite. Le Bosphore se couvrit de vaisseaux qui s'avançaient pour recevoir Chrysostome. Des cierges allumés, des chants populaires célébraient son retour. En reparaissant, il refuai» d'abord de reprendre les honneurs de réjriscopat, et voulut s'arrêter dans un faubourg de Constantinople. Mais l'enthousiasme du peuple le força de remonter dans cette chaire que son génie rendait si puissante. Ses premières paroles furent touchantes et simples; et elles retracent quelques circonstances même de ce retour triomphal avec une vérité que nul autre récit nd pourrait égaler, et qui met sous les yeux le grand spectacle auquel s'ajoutait la voix du saint archevêque. Quand il put se faire entendre : « Béni soit le Seigneur*, dit-il; je le disais à mon départ, je le répèle h tnon retour, et là-bas je ne cessais pas de le dire. Vous vous souvenez que îe dernier jour je vous ai rappelé l'image de Job et ses paroles ", béni soit le nom du Seigneur dans les siècles! c'est le gage que je vous ai laissé, c'est Taction de grâces que je rapporte. Les situations sont différentes : l'hymne de reconnaissance est le même. Exilé, je bénissais; i^venu de l'exil, je bénis encore. L'hiirer et Tété ont une môme fin , la fertilité de la terre. Béni soit Dieu qui déchaîne l'orage! béni soit Dieu qui Fa calmé! Dans la diversité des temps, la disposition de l'àme est la même. Le courage du pilote n'a été ni amolli par le calme, ni submergé par la tempête. Béni soit le Seigneur, et quand je me mk séparé de vous et quand je vous ai retrouvés. J'ai été séparé de vous corporelle^ meut, mais non par l'âme. Voyez ce qu'ont fait les embû-

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