Synes, episcop, Oper., p. S
AU QCATRIÈIIB SlACLB. 215
tianisme et reçut le baptême. Seulement plusieurs années avant d'être attiré vers les honneurs deTÊglise, dans un de ses voyages à Alexandrie, il fut marié selon le rite chrétien, et par le patriarche Théophile, Tardent ad ver* saire de Chrysostome. Revenu dans sa patrie^ il y vivait en paix sur les riches domaines qu'il avait reçus de ses pères, souvent occupé de fêtes et de plaisirs, et mêlant au goût des lettres, aux études de science.la passion de la chasse, qu'il suivait non sans péril dans les plaines de Libye, et qu'il célébrait dans un poème admiré des sociétés grecqties de Ptolémaïs. étranger par goût aux discussions théologiques alors si puissantes, et détourné de toute pensée ambitieuse par l'état de l'empire , il voulait borner sa vie aux méditations de l'étude et au bonheur domestique. H n'a pas d'autre pensée dans ses lettres à quelques savants de Grèce et d'Egypte, parmi lesquels il fout compter Hypatie, qu^il appelle sa mère, sa sœur et. son institutrice. A l'un de ces savants, il o£Pre des tables astronomiques qu'il a rédigées sous le ciel lumineux et les nuits étincelantes de la Cyrénaïqûe; et il prie la docte Hypatie de lui envoyer d'Alexandrie un instrument de physique , dont il indique la forme et les proportions.
C'est dans cette disposition studieuse et cet heureux loisir qu'il écrivait à un avocat fameux de la ville d'Héraclée : « Puisqu'il t'importe de savoir ce que nous faisons \ eh bien, ami , nous philosophons, avec la solitude pour excellente compagne ; car je n'entends aucune voix en Libye parler philosophie, à moins que ce ne soit nn écho de la mienne. Mais, comme dit le proverbe : fais honneur à Sparte où tu es né. J'accepte pour destinée d'aimer et d'honorer mon pays , et je crois avoir pour tâche de ne pas abandonner la philosophie dans sa mau-