Sffnei epùcop, Oper
vaise fortune. Si je n'ai pas d autre témoin de mes efforts, j'aurai Dieu, source de Tâme humaine; ei j'imagine qu^ les astres mômes me seront favorables, voyaiat eu moi leur contemplateui; scientifique dans cette vaste contrée. Demande donc à Di€|U pour nous , que nous restions comme nous sommes. »
Ce vœu, qui parait fort sincère, ne pouvait être exaucé. Malgré sa passjon pour le repp» philosophique, Synésius se voyait entraîné à prendre part aux afTmres de sa patrie souvent désolée par les courses des barbares, et intérieurement agitée par des factions municipales que permettait réleignement ou l'indifférence de Constantinople. Son ambassade lui avait suscité des ennemis et des rivaux ; il combattait surtout dans un d'eux le chef d'un parti qui tendait à remplir les conseils des villes par des hommes du peuple, et les rangs de la milice par des étrangers sans aveu. Pour remédier à ces maux, il voulait faire cesser dans Gyrène un commandement militaire qui n'était qu'une tyrannie, et ramener la province entière sous l'autorité de la grande préfecture d'Egypte. Pendant qu'il luttait ainsi , sa réputation, son talent, sa fortune attiraient sur. lui les regards de l'Église, toujours animée de ce prosélytisme qui lui avait soumis l'empire romain. Vainement se retranchaitil dans sa passion des champs et disait-il : « Mes doigts sont moins occupés à tenir la plume qu'à manier des épieux et des bêches. »
Le vœu des chrétiens le pressait de toutes parts. Synésius était trop éclairé, peut-être trop mondain, pour partager les rêveries de quelques-uns de ces platoniciens, qui, dans Alexandrie et dans Athènes, croyaient perpétuer le paganisme en le transformant, par un mélange bizarre d'abstraction et d'illuminisme. Mais il tenait fortement. à quelques idées métaphysiques peu d'accord avec la théologie chrétienne. Il adoptait les idées pures des chrétiens
sur lessence divine; mais il blâmait ou dédaignait leurs querelles sur les dogmes sacrés de leur foi; et, dans le calme de sa raison et de son heureuse vie, on ne pouvait espérer qu'il. se précipitât vers les autels d'un cuite triom* phaut , avec cette ardeur qui jadis attirait tant de néophytes vers des autels entourés de persécution e| de mystères. La simple initiatiou chrétienne, qui, dans les premiers siècles, était un attrait assez puissant pour Tenthousiasme et la curiosité , ne suffisait plus , maintenant que le pouvoir et la foule étaient passés du côté du christianisme. Se conveVtir, c'était ressembler à tout le monde; et, par cela même, il y avait une sorte de séduction dans l'indépendance de l'esprit philosophique, qui, dégagé des anciennes fables, sans appartenir entièrement à la loi nouvelle, se faisait à lui-même son culte et sa foi.
Telle était la situation d'âme où se complaisait Synésius, savant, riche, heureux, admiré de ses compatriotes. Les efforts des chrétiens redoublèrent pour attacher à leur Église une si difficile conquête; ce fut une négociation suivie par les plus célèbres évèques d'Orient. Le peuple de Ptolémaïs le . deoÀanda pour évéque. Le patriarche d'Alexandrie, Théophile, le pressa de consentir à sa consécration. Synésius se défendait avec une modeste franchise, en alléguant ses gôûis, ses opinions. 11 se croit assez de vertu pour être .philosophe, mais pas assez pour être évêque, dans l'idée sublime qu'ail se fott des devoirs et des travaux de l'épiscopat.
« Songez-y, dit-il dans une lettre à son frère ^ je partage aujourd'hui mon temps entre le plaisir et Tétude. Quand j'étudie, surtout les choses du ciel, je me retire en moi; dans le plaisir, au contraire, je suis le plus sociable dès hommes. Mais un évéque doit être un homme de Dieu,