‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 72 sur 158 · Synes, episeopi Oper.t p · texte numérisé non relu

Synes, episeopi Oper.t p

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étriinger, inflexible à tout plaisir, entouré de mille regards qui surveillent sa vie, occupé des choses célestes, non pour lui, mais pour les autres, puisqu'il est lé docteur de la loi et doit parler comme elle. » Un autre motif du refus dé Synésius, c^était soh mariage. « Diett lui-même, dit-il, la loi et la main de Théophile m'ont donné une épouse ; aussi je déclare et j'affirme que je ne reux ni me séparer d'elle, ni vivre furtivement avec elle comme un adultère. Je veux et je souhaite, au contraire, en avoir de beaux et nombreux enfants. » Enfin, il avait sur plusieurs points des opinions dissidentes qui , formées en lui par la méthode scientifique, lui paraissaient impossibles à détruire, et qu'il ne voulait pas dissimuler. « Je ne mè réduirai jamais à croire, écrit-il à son frère, que l'Ame est créée après le oorps; je ' ne dirai jamais que le monde et toutes ses parties doivent être auéanties. Je crois cette résurrection dont il est tant parlé quelque chose de mystérieux et d'ineffable; et il s'en faut de beaucoup que je partage sur ce point les opi'uions vulgaires. Sans doute, une ktne philosophique qui voit la vérité peut accorder quelque chose au besoin^ de l'erreur. Il y a un rapport à saisir entre le degré de lumière que reçoit la vérité et l'œil de la foule; car l'œil ne jouirait pas sans dommage d'une lumière excessive. Si les lois de l'épiscopat m'accordent cette liberté, je puis être évêque, en continuant k philosopher, n'enseignant pas les opinions que je n'ai point, mais>ne les décréditant psis et ne portant pas atteinte à la croyance antérieure. Mais si on dit qu'il faut changer et que l'évêque doit être peuple par les opinions, je n'hésiterai pas à m'eitpliqaer. Qu'y a-t-il de commun entre le peuple et la philosophie? Appelée Fépiscopat, je ne veux pas faire mentir le dogme; j'en atteste Dieu, j'en atteste les hommes. La vérité est amie de Dieu, devant qui je veux être sans reproche. Sur cela seul, je ne puis feindre. Passionné pour le plainr el ayant dès l'en-

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fançe encouru le reproche d'aimer trop les armes et les chevauxf je souffrirai de mon état nouveau. Quelle peine ce sera pour moi de voir mes cbienis bien-aimés à la chaîne et. mes dards rongés de rouille! Je le supporterai cependant, si Dieu t'ordonne ; malgré mou aversion pour les soucis, je supporterai Tennui des procès et des affaires, comme une dette. un peu lourde dont je m'acquitte envers Dieu. Mais les croyances, je ne les voilerai pas ; et ma pensée ne sera pas en désaccord avec ma langue. En parlant ainsi, je crois être agréable à Dieu; je ne veux laisser à qui que ce soit prétexte de dire que j'ai enlevé, sans être connu , l'élection épiscopale. Que ie bièn-aimé de Dieu, mon père Théophile, sachant cela, et m'ayant marqué à moi-même comment il le comprend, décide sur moi ; car, ou il ne me permettra pas de rester au point où je suis dans ma philosophie intérieure, ou il perdra le droit de me juger plus tard et de m'effacer du tableau des évéques. »

La doctrine de. Synésius sur la préexistence de l'âme, doctrine suspecte alors de favoriser la métempsycose, n'a pas aujourd'hui le caractère de dissidence qu'il lui attribuait; les réserves un peu obscures qu'il mettait à son consentement sur d'autres points n'étaient pas un obstacle; et son adoption parut aux évêques d'Orient un si grand avantage pour les chrétiens,. qu'on eut égard à tous ses scrupules et qu'on lui permit de garder sa femme et ses opinions.

11 n'en éprouva pas moins une grande agitation et de vifs regrets. 11 refusa même d'abord de remplir les fonctions redoutables qu'il avait acceptées, et, à peine sacré, il se retira à l'écart. « Je reste lom des hommes dont je suis l'évéque, écrivait-il à un ami\ jusqu'à ce que j'aie appris quelle est la nature de ce ministère. S'il peut s'accorder

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