‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 75 sur 158 · Synet. episcop. Oper,, p · texte numérisé non relu

Synet. episcop. Oper,, p

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la persuasion à nos paroles , la gloire à nos actions, pour qu'elles ne fassent pas honte à rantique renommée de Cyrène et de Sparte. Que libre du poids des chagrins, notre âme, mène une vie tranquille, les yeux tournés vers ta splendeur, et que je puisse, dégagé de Timpure n(ïatière , me bâter sur la route qui ramène à toi , et, transfuge des maux de la terre, me réunir à la source de Tâme! Cette vie pure, réalise-la pour ton poète. Que, chantant un hymne, pour toi ; que célébrant la gloire du Père d'où tu sors , et TEsprit-Saint qui partage la puissance du Père et unit la racine à la tige, j'apaise par ta louange les nobles douleurs de L'âme ! Salut, source ineffable du Fils! salut , transformation du Père! satut, Esprit incorruptible, centre d'union du Fils et du Père ! Qu'il vienne à moi avec Dieu , pour rafraîchir les ailes de mon âme , et achever le don céleste! »

Malgré eei attrait pour la.contemplation , Synésius embrassa fortement les devoirs de l'épiscopat, tel qu'il se montrait alors zélé pour la défense du peuple et des opprimés. 11 eut ce beau caractère de la charité courageuse des premiers temps. Andronicus, gouverneur de la Cyrénaïque, en était le Verres; il y avait introduit des supplices et des tortures inconnues dans les mœurs de celte colonie grecque. Après avoir inutilement réclamé près de lui sous forme de conseils et de prières , Synésius le frappa d'une sorte d'excommunication , par laquelle il lui interdisait l'église de Ptolémals, et conjurait toutes les Églises d'Orient d'imiter cet exemple.

11 esta remarquer cependant que Tévéque de Ptolémaïs ne prétendait attacher aucun pouvoir politique à l'épiscopat : ces deux choses lui semblaient inconciliables. «Dans les temps antiques ^ dit-il , les mêmes hommes étaient

i. Synes. episcop. Oper,^ p. 198.

TABLEAU DE l'ÉI.OQ. CHR. t&

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prêtres et juges. Les Égyptiens et les Hébreux furent longtemps gouvernés par des prêtres. Mais comme l'œuvre divine se faisait ainsi d'une manière tout humaine, Dieu sépara ces deux existences : Tune fut sacrée, l'autre toute politique. Il renvoya les uns à la matière; il rapprocha les autres de lui. Les uns furent attachés aux affaires, et nous à la prière : et l'œuvre que Dieu demande et d'eux et de nous est également belle.

« Pourquoi revenez-vous là-dessus, et essayez-vous de réunir ce que Dieu a divisé, en mettant dans les affaires non pas Tordre, mais lé désordre? rien ne saurait être plus funeste. Vous avez besoin d'tine protection, allez au dépositaire des lois ; vous avez besoin des choses de Dieu , allez au prêtre de la ville. La contemplation est le seul devoir du prêtre qui ne prend pas faussement ce nom. »

Mais, sans doute, en s'interposant pour les opprimés, en séparant de sa communion le préfet romain qui avait fait injustement torturer les plus illustres citoyens de la Cyrénaïque, Synésius, chrétien et Grec , croyait ne remplir qu'un devoir, et venger également sa foi et son pays.

Les incidents de cette lutte oubliée dans un coin du monde marquent bien , avec l'âme libre et forte de Synésius, l'ascendant que prenait partout le sacerdoce chrétien. Irrité des plaintes , Andronicus avait fait afficher sur les portes de l'église un ordre qui défendait aux suppliants de se réfugier près de l'autel, et aux prêtlresdé les accueillir; et il faisait livrer à la torture un citoyen de Ptolémaïs sur la place publique même, à Theure où la chaleur brûlante du jour écartait la foule et aggravait les souffrances de la victime. L'évêque accourut seul pour secourir et consoler ce malheureux. Dans la colère que lui donnait cette pitié, Andronicus blasphéma le nom du Christ et redoubla de rigueurs. Ce fut alors que Synésius s'arma de cette censure ecclésiastique, dont avant lui d'autres évoques avaient

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usé contre des pouvoirs plus élevés que le gouverneur de Cyrène. Mais Ambroise, en osant interdire à Tempereur Théodose rapproche de l*autel, et en lui déclarant que pontife il ne pourrit célébrer devant lui le divin sacrifice, n'avait fait retentir aucun ânatfaème, n*avait associé aucune Église à cette défense si redoutable par elle-même. La lettre synodale de Synésius procède autrement : elle semble avoir quelque chose tout à la fois de Tancienne malédiction des Eumolpides, et des terribles interdits que fulmina le chrisiianisme au moyen âge. Eh voici les derniers termes:

« A ces causes *, TÉglise de Ptolémaïs recommande aux Églises ses sœufs par toute la terre que nul sanctuaire ne s*buvre pour Andronicus et les siens ; que tout lieu saint, que toute enceinte consacrée leur soit fermée. Je prescris donc îiux magistrats , aux particuliers de ne point habiter sous le même toit, de ne pas s'asseoir à la même table que lui r je le prescris surtout aux prêtres: Que $1 quelqu'un méprise cette défense comme venant de rÉglise d*une ville sans puissance, et s'il reçoit ceux qu'elle a condamnés, parce qu'il ne croit pas nécessaire d'avoir égard à une pauvre Église , qu'il le sache, il aura déchiré autântr qu'il est en lui l'Église universelle, dont le Christ veut l'unité. »>

Averti que cette déclaration menaçante était préparée, Andronicus Qt de grands eiforts pour la prévenir : il multiplia les instances et les promesses. L'évéque s'en défiait avec justice; mais, se sentant plus jeune et moins expérimenté que les prêtres qui lui conseillaient de s'abstenir et d'attendre, il n'envoya pas sa lettre. Une sorte de convention se fit même entre le Grec Andronicus, délégué de Rome, et l'évéque stipulant pour la liberté et la vie da

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