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ses concitoyens. « Si lu enfreins la promesse, dilSynésius, la sentence sera publiée , après avoir été relîirdée seulement assez pour te convaincre d'impénitence. » Malgré des promesses solennelles , malgré le gage déposé et reçu , Ândronicus , croyant pouvoir par de nouvelles extorsions racheter ses anciennes fautes , s'emporta aux plus arbitraires violences. Il joignit les confiscations aux bannissements, les supplices aux tortures. Synésius, ému de ces horreurs, publia la sentence; et l'adressant aux évéques de la Cyrénaïque, il les prenait à témoin de sa modération indignement Irompée, et retraçait les attentats nouveaux qui le forçaient d'y renoncer, «t Andronicus, dit-il, a menti à TËglise; qu'il la trouve véridique et fidèle dans ses menaces. »> La punition suivit de près celte plainte; sur un ordre venu de Constantinople , Andronicus fut dépouillé du pouvoir dont il abusait; il fut même si maltraité, que Synésius, dans sa charitable équité, blâma cette façon arbitraire de réprimer l'injustice, et intercéda pour celui quil venait d'accuser et qui lui semblait frappé, disait-il, au delà même des malédictions de l'Église.
Quoi qu'il en soit, l'évêque de Ptolémais avait atteint le but qu'il se proposait en délivrant sa patrie d'un pou - Voir inique ; mais il ne pouvait réussir à la replacer sous l'autorité directe du gouverneur d'Alexandrie, ville où son crédit était grand , et qui n'était séparée du point le plus septentrional de Cyrène que par une traversée de cinq jours. Il continuait à lutter dans l'étroite enceinte de sa terre natale, veillant avec zèle pour ses concitoyens auprès des chefs fréquemment renouvelés que leur envoyait l'empire, célébrant et secondant ceux qui gouvernaient sagement sa patrie, résistant à la violence ou suppléant à la faiblesse des autres. Il n'était pas seulement Tévôque de Ptolémaïs, mais le défenseur de toute la province.
Son zèle s'étendait encore à des soins religieux en
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dehors de la Cyrénaïque. Le primat d'Egypte, sachant qu'il ne pouvait choisir un arbitre plus habile et plus respecté, lui confiait le jugement des différends qui s*éievaient entre les Églises des contrées voisines de Cyrène. Synésius, qui défendait contre le hautain patriarche la mémoire de Chrysostome et les droits -d'un évéqiie de l'Asie Mineure institué par lui, à Tépoque même de son bannissement de Gonstaminople , servait d'ailleurs Théophile avec un zèle sincère; et loin de Rome qu'il n'a nomtnée nulle part, sans lien avec rÉghse récente et agitée dé Constantinople , s'il pouvait dépendre dans sa foi, c'était de l'antique et savante Église d'Alexandrie, métropolitaine de Libye et, si grande dans tout l'Orient pai; le nom d'Athanase. Chargé de statuer pour elle sur la propriété d'un territoire dont l'évéque d'Erythrée s'était emparé en le consacrant, il ne vit que la justice, et donna raison à la plainte par des motifs empreints d'unç pieuse élévation. «< Je sépare la superstition de la piété ^ écrivait'il au primat d'Egypte. Elle est un vice^quiaprisle masque d'une vertu; et la philosophie la regarde comme une troisième sorte d'irréligion. Rien n'est saint et sacré que ce qui est d'abord juste ,et légal. 11 ne m'est donc pas venu à la pensée de m'arréter devant la consécration prononcée ; car l'esprit du christianisme n'est pas de faire que des céré« monies et des chants attirent comme par un pouvoir matériel la présence divine, mais qu'elle descende d'ellemême dans les âmes^ paisibles et qui appartiennent à Dieu. Là où la colère, l'ignorance et l'obstination dominent, comment TEsprit-Saint viendrait-il , lut qui, présent dans un cœur, s'enfuirait à l'approche de ces vices? »>
Cette sagesse , aidée du ton de la persuasion , maintenait Synésîus en crédit et en honneur, au milieu des soins
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public» qu'il avait tant Tedoutés; mm elle était impuissante j>our écarter d'autres maux que l'incurie de l'empire teissait tomber sur ses provinces les plus éloignées et les plus faibles. La Cyrénaîque , autrefois si industrieuse et si rir.lie , non«seulement avait perdu son commercé et une partie de ses arls, elle était sans cesse désolée par les incursions de peuplades.guerrières voisines de la Gran le Syrte et adossées au désert. Ces bandes, plus fortes par leur barbarie que les Grec&de la Cyrénaîque ne Fétaiept par leur civilisation , sous le pouvoir jaloux et la discipline dégénérée des Romains, pénétraient dans les can^pagnes , brûlaient les moissons 4 tuaient les laboureurs, enlevaient les enfants pour les enrôler plus tard dans leurs rangs ^ et ne s'arrêtaient qu'au pied des villes encombrées de fugitifs. Devant ce désastre , un nouveau gouverneur romain , <iui avait épuisé le pays d'impôts et maladroitement dispersé les garnisons , se tenait à l'ancre non loin de Ptolémaïs , avec deux navires chargés de ses richesses , prêt à fuir si le péril devenait plus grand : m Je ne me possède pas de douleur, écrivait Synésius, je suis prisonnier derrière des murailles. Je vous écris tout occupé à épier les signaux de feu qu'on nous fait, et à disposer d'autres signaux pour y répondre. Le gouverneur, dit-il encore, ne se tient pas sur les remparts, comme moi le philosophe Synésius; mais il se tient près des rames , tout général, qui! est. » Malgré Tordre donné par le gouveraeur aux habitants de rester enfermés entre leurs remparts, dès le point du jour, le courageux évéque sortait à cheval et s'avançait pour s'informerde l'ennemi, et la nuit, «vec une élite des jeunes gens de la ville, pour prévenii; toute surprise des barbares , il faisait le tour de la oolUne sur laquelle s'élevait Ptolémaïs K « Nous assurons aux femmes^ écrivait-4l,