Sanct, Ephraeni. Oper.^ t. lî, p. 30S
â6î TABLEAU DE L'ÉLOQUENCE CËAÉTIÈNNS
dit-il, priez pour moi. Voici le temps où le marchand qui voyageait rentre dans sa patrie. Malheur à moi qui ai perdu ce que J'avais acquis et dissipé tous mes trésors I Adieu, cette terre! salut, auge conducteur qui , séparant Tàme du corps, la conduis aux demeures qu'elle doit habiter jusqu'au }our de la résurrection^ » Pendant qu'il parlait au milieu des gémissements et des pleurs de k foule qui se pressait autour de sa cellule , une jeune fille de noble naissance , la fille même du gouverneur d'Ëdesse, arrive jusqu'à lui avec tous les signes d'une vive douleur, et lui demande de permettre qu'elle apporte une urne pour recueillir ses cendres , et qu'elle en réserve une autre pour elle-même, dans Tespoir de mourir aprèâ lui. Le sage vieillard , réprimandant cet injuste décotiragement , fait promettre à la jeune fille de vivre; et acceptant l'urne qu'elle lui destinait, il recommande que cette urne ne soit pas de marbre. Puis il Tavertit de ne plus se faire porter en litière par des esclaves, parce que l'Apôtre a dit: « La tête de l'homme ne doit porter que lo joug du Christ. » La jeune fille jura de respecter cette défense : et à la voix d'Éphraïm , la femme donnait ainsi l'exemple d'aUéger la servitude dans cet Orient où elle la partage encore.
AU OHATHltin 81ÉGLI. 363