Sanot, Wilarii Oper.,p. loai
AU QUATRIÈitlB SIÈCLK. 293
quelquefois tout près de nous, dont nous ne surprendrons jamais le^ causes et les lois secrètes. Souvent l'analyse roéoie fait surgir devant l'inventeur un autre et plus impénétrable mystère. Avec la découverte même, s'accroit l'inconnu. Les causes premières que croit saisir la science ne sont que des causes secondes , des modes d'action , des contre-coups lointains du principe suprême. L'esprit' hu<main est une mer qui monte et s'étend toujours, mais qui n'atteindra jamais les dernières hauteurs. De là celte rosifçnation nécessaire de l'intelligence et ce recours à la fui qui fait dire à Hilaire, après d'impuissants efforts pour définir l'essence divine : « 0 Dieu\ tu nous présentes dans ce monde bien des vérités de cet ordre , dont la cause est Ignorée et dont Teifet ne saurait élre méconnu. Il est rc • Kgieuxde croire là ou il est naturel d'ignorer. LorsqueJ'ai ' élevé vers ton ciel la faible lumière de mes regards,, j'ai cru tout d'abord que le ciel était à toi. £a voyant ce cours régulier des astres, ces étoiles du septentrion, cette étoilo du soir, avec leurs offices divers et marqués, j*ai compris Dieu par ces choses que je ne comprenais pas elles-mêmes. Quand j'ai vu l'élévation merveilleuse de ton Océan, sans connaître le réservoir de ses eaux , ni la cause de cette vicissitude régulière qui les enfle et qui les abaisse, saisissant par la foi une cause inaccessible à la vue, je t'ai trouvé dans Ie3 choses.méme que j'ignore. Quand j'ai fixé mon esprit sur ce sol terrestre, qui, par une vertu secrète, dissout dans son sein les germes qu'il reçoit, les vivifie par la destruction, multiplie leur existence et les grandit autant qu'il la multiplie, je n'ai rien vu là que je puisse expliquer par mon propre raisonnement. Mais mon ignorance même me sert à te comprendre. Ne pouvant expliquer l'action de la nature, je te devine et te reconnais d'autant mieux