‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 90 sur 158 · Sùnct. AmhrosU Opêfi , 1 11 , p. 8S · texte numérisé non relu

Sùnct. AmhrosU Opêfi , 1 11 , p. 8S

Peiix-iU donc reruser de rendre la dépouille de celui que tu ne devais pas faire périr? Que Valentinien obtienne au moins les cendres de son frère pour garant de la paix 1 Comment peux-tu soutenir que tu n'as pas ordonné de tuer Gratien , lorsque tu défends de Tensevelir? Pourrat-on croire que tu n'as pas envié le jour à celui auquel tu envies même un tombeau ?»

Blessé de ce discours, Maxime prit cependant un autre prétexte pour repousser la prière d'Âmbroise. Ce tyran avait à sa cour plusieurs évéques qui avaient obtenu de lui la mort des prisciUianisteSy condamnés par un concile ; Âmbroise refusa de communiquer avec ces prêtres san« guinaires; et le tyran affecta de s'en offenser comme d'un outrage.

Ambroise repartit sans succès, et devança de bien peu rinvasioQ de Maxime. Tout fuyait. Valentinien et sa mère s'étaient embarqués pour aller en Orient invoquer le secours de Théodose. Maxime parvint sans obstacle jusqu'à Rome, et rétablit dans le sénat l'autel de la Victoire; mais l'année suivante , en 370, sa fortune fut renversée par les armes de Théodose. Ambroise ne parut que pour intercéder eu faveur des vaincus, tandis que Théodose rétablissait partout le pouvoir de Valentinien, dont il avait épousé la sœur. >

Cette intervention du pieux évéque ne fut pas toujours aussi sagement inspirée que le voudrait notre respect pour sïi vertu. Malgré lu générosité naturelle d' Ambroise, l'idée de la tolérance, telle que nous la concevons aujourd'hui, n'entrait pas dans son àme. Il abhorrait la violence et le sang, mais il n'admettait pas la liberté des croyances contraires à l'orthodoxie chrétienne ; et son zèle souffrait impatiemment ce que le génie du pouvoir civil inspirait à Théodose, pour conserver quelques droits aux cultes déchus. Âpres les longues persécutions qu'avait supportées le chris-

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tianisnie, les alternatives de triomphe et d'oppression qu'il avail traversée!; , il était impossible qu'on ne vît pas éclater des violences et des troubles sur quelques points de l'empire. Les chrétiens, dont la résistance s'était bornée longtemps au courage de mourir, maîtres du pouvoir, n'avaient plus la même modération.

Après la défaite de Maxime , et sous la victoire de Théodose, l'agitation communiquée au monde romain durait encore. De cruelles représailles étaient exercées sur les idolâtres et les juifs, rapprochés par une égale inimitié contre le culte vainqueur. En Palestine, une syna* gogue fut incendiée par les chrétiens; vers 1^ môme époque, des moines qui se rendaient en chantant des psaumes au tombeau des Machabées pour invoquer ces martyrs de la loi mosaïque, insultés par quelques hommes de la secte des Valentiniens , détruisirent le temple et le bois sacré où ces fanatiques célébraient leurs mystères . Le chef militaire des provinces romaines d'Orient fit rap« port à l'empereur. Théodose , par ce besoin d'ordre et de justice régulière qu'un homme de guerre habile apporte dans Ja paix , prescrit de punir les incendiaires , de faire rétablir la synagogue par ï'évéque , et de réprimer les religieux. C'est^ la nouvelle de cette résolution qu'Àmbroise, de la ville d'Aquilée, où il était alors, adresse au prince, sous une forme respectueuse , la réclamation la plus vive , <^t comme le manifeste de l'Église , désormais trop puissante pour se résigner à l'égalité avec les autres cultes.

« Bienheureux empereur, écrit-îl*, je suis habituellement tourmenté de sollicitudes; mais jamais je n'ai senti préoccupation aussi vive qu'en ce jour, où je vois que j'ai à me prémunir contre le danger de prendre part à, un sacrilège. Je vous prie d'écouter patiemment mes paroles;

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