‹ Tableau de le̓loquence chrétienne au IVe siècleChapitre 95 sur 158 · Sanct» nieron. Oper,, t. IV, p · texte numérisé non relu

Sanct» nieron. Oper,, t. IV, p

des ci^ux. « £t il ne craint pas dé â'écrier avec une sorte de férocité religieuse : •« Si ton père se couche sur le seuil de la porte pour te retenir, passe par-dessus ton père; » puis, dans un autre enthousiasme : u 0 désert embelli des fleurs de Jésus-Christ! ô solitude qui jouit plus familièrement de Dieu! Que faîs-tudans le siècle, mon frère, avec une Ame supérieure au monde?. crois- moi, je vois ici plus de lumière. Jusqucs à quand es-tu retenu à Tombre des toits , dans le cachot enfumé des villes y »

Cette paix du désert était cependant troublée, pour Tenthousiaste lévàme , par de dangereux souvenirs. Seul , abandonné entre Timagination et la prière, son ftme éprouva des tourments qu'il a retracés avec une éloquence passionnée, mais si chaste, que hi vérité du tableau n'en peut altérer Tinnocence.

» Combien de fois ^ dit-il, retenu dans le désert, parmi ces solitudes dévorées des feux du soleil, je croyais assister aux délices de Rome ! J'étais assis seul, parce que mon âme était pleine d'amertume. Mes membres étaient couverts d'un sac hideux. Mes traits brûlés avaient la teinte noire d'un Éthiopien; je pleurais, je gémissais chaque jour. Si le sommeil m'accablait, malgré ma résistance, mon corps heurtait contre une terre nue. Eh bien! moi qui, par terreur de l'enfer, m'étais condamné à cette prison habitée par les serpents et les tigres , je me voyais, en imagination, transporté parmi les danses des vierges romaines. Mon visage était pâle de jeûnes, et mon corps brûlait de désirs. Dans ce corps glacé , dans cette chair morte d'avance, l'incendie seul des passions se rallumait encore. Alors, privé de tout secours, je me jetais aux pieds de Jésus-Christ, je les arrosais de larmes. Je me souviens que, plus d'une fois, je passai le jour et la nuit

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