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AU QUATRIÈME SIÈCLE. d3&
qu'à Betbléem. Il voudrait \réunir dans cet asile ceux qui lui sont le plus chers; Tantôt il écrit lui-même pour les appeler, tantôt il emprunte la douce autorité de Paula et d'Ëustochie. Il se sert de ces captives de la foi , de ces voix pures formées par sa parole, poulr attirer d'autres âmes à la solitude. Rien de plus poétique et de plus touchant que la lettre où Paula et Eustochie invitent Marcella, dont les conseils avaient déterminé leur vocatioîi religieuse, à venir les rejoindre à Bethïéeni. Les deu'x grandeurs de la religion nouvelle sorft en présence , celle de son berceau et celle de son empiré. « Il y a là*, disent Paula et Eustochie en parlant de Rome, une sainte Ëglise^ les trophées des apôtres et des martyi*§ , la vraie confessioti du Christ, la foi prêchée par Tapôtre, et le nom chrétien grandissant chaque jour sur rabaissement -du paganisme. Mais le mouvement même , la grandeur, la puissance de Roïiie, le besoin de voir et d'être vu, de saluer et d*être salué, de parler et d'entendre , dé regarder même malgré soi cette foule immense d'hommes , tout cela dé- . tourne de la vocKtion et de la paix religieuse. Ici , au contraire, dans cette campagne du Christ, tout est simplicité, tout est silence. Où que vous alliez j le. laboureur, appuyé sur sa charrue, murmure les louanges de Dieu, le moissonneur se délasse par le chant des psaumes ^ et le vendangeur , en taillant sa vigne, redit quelque chose des ac^ cents de David. Ce sont les chants d*amôur de ce pays , les mélodies du berger , rafccompagûement du laboureur. » Jérôme à cette lettre de Paula et d'Eustochie ajoutait ses conseils. Il invite aussi Màrcélla à quitter Rome avec son arène sanglante et ses licencieux théâtres , pour la paix et les ombrages de Bethléem. C'est Bethléem qu'il recommande. Jéirusalem, sa curie ^ sa garnison romaine, ses