‹ Tableau de Paris (volume 2)Chapitre 118 sur 230 · I. TM IiTI'UT 1)1 S I.HH HU S · texte numérisé non relu

I. TM IiTI'UT 1)1 S I.HH HU S

Vastes projets de Napoléon. — Les cinquante-deux moulins de Saint-Maur. — Les plans d’un entrepôt colossal. — Un canal traversant l’entreprît. — Avortement de ces grandes conceptions. L'entrepôt

des vins actuel. — Sa superficie. — Port annexe de l’entrepôt. — Façade de l'établissement. — \ ne générale. — Les pav liions des négociants. — Les douze bâtiments et les rues de l'entrepôt Les

magasins pour les vins et pour les alcools. — Les cent quatre-vingt-trois caves. - Leur capacité. — Les celliers. — Supériorité de Bercy sur l’Entrepôt. Le service des eaux-de-vie Le

dépotoir. — Description de l’appareil. — Fabrication et consommation des alcools eu France - — Les huiles. — Consommation d’huile dans le département de la Seine. Revenu de

l’entrepôt. — Vices de construction et d’etablissement. — Améliorations à faire. — Le conservateur actuel. — Accroissement incessant dans l’importance de l’entrepôt des liquides.

En 1811 et 1812, époque oit la puissance impériale était à son apogée , Napoléon conçut les plus vastes projets pour assurer, d’une manière digne de la grandeur de son empire, l’approvisionnement de la capitale et le commerce des subsistances. Tandis que, portant d’un côté son attention sur l’importante question des céréales , il ordonnait la dérivation de la Seine à Saint-Maur , la construction de 52 moulins à farine mus par cette dérivation , et celle de greniers à sept étages qui devaient contenir 250,000 quintaux métriques de grains et coûter de 30 à -iü millions; d’un autre côté, il adoptait les plans d’un entrepôt général pour les vins et autres produits indigènes : projet immense et dont on a peine à concevoir les colossales proportions.

D’après ces plans , l’Entrepôt devait s’étendre le long du quai, depuis l’ancienne rue de Seine, aujourd’hui rue Cuvier, qui borde le jardin des Plantes, jusqu’à la place Maubert. Sa façade aurait eu ainsi près d’une demi-lieue de long. Un canal, ou plutôt un bras du fleuve introduit dans cette vaste enceinte , l’eût parcourue dans toute sa longueur pour y porter le mouvement et la vie commerciale. Les travaux commencèrent en 1811 , en même temps que ceux des greniers à sept étages de l’autre côté de la Seine.

Les événements politiques, les malheurs de la guerre, firent avorter ces grandes conceptions. Les greniers, qui devaient avoir sept étages , s’arrêtèrent au second, et l’entrepôt général, réduit à n’ètre que

Pavillon de marchand de vins.

l’entrepôt des vins actuel, n’occupa qu’une faillie partie du périmètre qui lui avait été primitivement assigné.

Toutefois, bien que construit sur ces proportions

plus modestes, l’entrepôt des vins présente un coup d’œil imposant et forme un des plus grands monuments commerciaux de la capitale. Sa superficie totale embrasse 17 hectares de terrain, dont 13 sont couverts par les bâtiments. 11 figure un trapèze dont la base est sur le quai Saint-Bernard, qui borde la façade. En avant, au delà de ce quai, sur le bord de la Seine, est le port annexe de l'entrepôt : port franc , et le plus beau de Paris. Son développement est d’environ 800 mètres. Mais il ne saurait remplacer, pour 1 utilité commerciale, l’idée féconde de ce canal, qui, dans le plan napoléonien, devait parcourir l’entrepôt dans toute son étendue , ce qui eût permis de débarquer les marchandises au pied même des magasins. La voie publique qui sépare le port de l’entrepôt intercepte leur communication directe, et nécessite des chargements, des transports et des déchargements successifs, qui sont une cause d’avaries, de retards et de frais multipliés.

En face du port annexe, sur le quai, se présente la façade de 1 établissement. Elle se compose d’une longue grille en fer, scellée sur un mur d’appui , divisée par des pilastres à distances égales , et flanquée de pavillons en pierre de taille, entre lesquels s’ouvrent les grilles d’entrée. Derrière cette grille s’étend une

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\ ne generale a vol d'oiseau de l'entrepôt des liquides à Paris.

double allée d’arbres, séparée par un gazon, et au milieu s’élève un corps de logis élégant, qui renferme l’administration, les bureaux de l’octroi, des contributions indirectes et le logement du conservateur.

Au delà de cette allée, qui est bordée d’un côté par de petits pavillons servant de bureaux aux négociants

entrepositaires, et qui est disposée de l’autre en parc pour les haquets de transport nécessaires au service des magasins , s’étendent les bâtiments , divisés en douze corps de constructions, séparés entre eux par six rues et deux grands préaux ; les rues et les bâtiments ont reçu les noms des provinces vinicoles , et

des fleuves qui baignent les meilleurs crus de France : la Marne, l’Yonne, la Seine, la Loire, le Rhône , la Saône, etc., etc.

Huit magasins sont occupés par les vins et vinaigres; trois sont réservés aux alcools, et le dernier reçoit les huiles.

"Vue extérieure des caves à eau-de-vie.

Les caves sont au nombre de cent quatre-vingt-trois, I et peuvent, en moyenne, contenir mille fûts chacune. | Les magasins de 1 Yonne et de la Marne, subdivisés en deux cent cinquante - deux parties, peuvent recevoir soixante-quinze mille tonneaux; et cent seize autres celliers, également affectés aux vins, composent les magasins de la Seine et de la Loire.

Au total, les bâtiments qui reçoivent les vins embrassent une superficie de quatre-vingt mille mètres environ, et peuvent contenir un million il hectolitres.

Cet emmagasinement , quoique considérable, est cependant loin de suffire au commerce de Paris, et ne représente qu une bien faible partie de la production générale, qu’on peut évaluer à quarante-deux millions d’hectolitres par année, dont les trois vingtièmes sont convertis en spiritueux et un vingtième en vinaigre.

Aujourd’hui, la plupart des marchands en gros et des commissionnaires ont abandonne l'Entrepôt pour se fixer à Bercy, et ceux qui restent encore n’y conservent qu’une succursale de leur principal etablissement, qui se trouve é; al eu ont dans la commune rivale. En réalité, les deux tiers

des affaires se traitent à Bercy, qui approvisionne même en grande partie Rétablissement administratif,

Vue intérieure cl’iue cave à cau-de-vie.

sauf toutefois en ce qui concerne les alcools, dont le marché est exclusivement dé \ oui à l’Entrepôt.

Cette partie des spiritueux est une des branches les plus importantes de l’Entrepôt. Les magasins destines aux eaux-de-vie sont entièrement construits en pierre de taille et en meulière; les voûtes, travaillées avec beaucoup d’art et de légèreté, sont en briques, et les plus grandes précautions sont prises pour éviter tout danger d’incendie. Les celliers, répartis au nombre de soixanteneuf entre les magasins du Rhône, des eaux-de-vie et de la Gironde , peuvent contenir 160,000 hectolitres.

Une des parties les plus curieuses du service des eaux-devie est le drpotoir, situé dans un petit bâtiment ii l’extrémité de l’Entrepôt, du côté de la rue Saint-Victor. Ce dépotoir est établi pour faire connaître avec la | lus grande exactitude la quantité de liquide contenue dans une tonne : quantité que le jaugeage ordinaire ne donne ja nais qu’approximativemenl.

L’appareii se compose de 21 cuves cylindriques, en cuivre étamé, contenant 7 à 8 hectolitres chacune. Le fû dont ou veut mesurer la capacité st enlevé par une grue placée au centre du dépotoir, et posé sur une de ces cuves, qui en reçoit le contenu,

Le dépotoir,

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